L’EXCEL COMPÉTITION 3 : le vrai flytest

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SÉANCE DE VOL DU 12/08/2013

Salut les copains !

Comme j’ai une petite tête et un gros bide (vous imaginez la dégaine de shadock, un peu…ou de poire, c’est selon), j’ai oublié de vous raconter le premier « vrai » vol du planeur qui vous fait tous envie :

Je veux bien sûr parler de mon Excel Compétition 3 de SIMPROP. Je vois déjà vos yeux s’illuminer d’impatience à la seule lecture du titre de cet article. Patience les gars, ça vient…

Pour la petite histoire, il s’agit d’un planeur électrique de 2m20 pour 1800 gr qui m’a été offert pour mes 40 ans.
Comme j’achète beaucoup trop de modèles à monter et que j’avais du retard, je ne l’ai pas terminé avant avril, si mes souvenirs sont bons.
Et comme c’est un modèle fin et performant qui ne tolère pas l’à peu près, que j’ai des mains à faire des gaufres et une logique de construction à la Salvador Dali, je craignais le résultat en l’air.

J’ai donc demandé l’assistance de mon grand copain Alain, lui même possesseur de la version 2 de l’Excel et « vrai » modéliste depuis le jour de ma naissance. C’est quand même pas cet événement divin qui lui a donné envie de s’envoyer en l’air avec une radiocommande, rassurez-vous. Alain tient le magasin de modélisme Montpelliérain le plus convivial que je connaisse. Le modélistes de tous poils aiment à s’y retrouver après le boulot. On échange autour d’une même passion, on se raconte les montages en cour, les vols d’anthologie, on peste après Éole qui nous condamne à l’atelier, on jette un œil dans l’arrière boutique où Alain construit un Fournier de 3m.
Il m’arrive assez régulièrement de faire la fermeture du magasin avec lui, à 19h00. A cette heure, les clients se font plus rares et les séances de fous rires sont habituelles entre bonnes blagues, imitations des mimiques de l’autre et chansons paillardes, souvenirs de son passé de militaire dans l’armée de l’air.

Bref, nous avions rendez-vous sur le terrain du MACH ce lundi soir, près de Palavas-les-flots pour ceux qui connaissent. J’avais pris soin de charger l’Excel et tout le nécessaire de vol avant de partir au bureau afin de regagner la piste au plus tôt. Un vent de 20 km/h soufflait de la mer. J’étais arrivé en avance, impatient de faire voler ce modèle que je voulais être mon principal planeur polyvalent. Celui qui serait de toutes mes sorties, celui que je voulais maîtriser par tout temps, que je saurais faire atterrir dans n’importe quelle situation d’urgence et sur n’importe quel terrain. J’avais même retaillé sa boîte d’origine pour qu’elle rentre dans la largeur de ma voiture, aux pieds des passagers arrière. Je sais que le gros flemmard que je suis emmènera  plus facilement voler un modèle qui ne demande pas de coucher la banquette.
Arrive enfin mon pote. Malgré les vitre tintées de son monospace, je devine son large sourire. Il est heureux de me voir. Pas étonnant quand on sait que je suis un mec super sympas qu’il est flatteur d’avoir pour ami !

Après une bonne poignée de main virile  et un clin d’œil complice, nous allons monter nos planeurs. Le mien est rouge et noir, celui d’Alain est rouge et blanc. Heureusement, ça évitera de les confondre pendant notre vol en patrouille.
Le ciel est parfaitement bleu. Pendant que je fignole le montage de mon papillon et que je teste les débattements, Alain lance pour un premier vol. La 10×6 tire l’Excel à 50°. Alain, qui est un pilote expert, commence la voltige dès la montée par des tonneaux parfaits, alors forcément je reste les yeux fixés sur l’Excel qui enchaîne loopings, vrilles à plat, déclenchés et passages dos à 1 m du sol. Pour lui aussi, le moteur ne sert qu’à la mise en altitude et il préfère une prise de badin suivie d’une ressource appuyée à une remise des gaz.

Vient le moment où il pose son Excel pour lancer le mien. Je fais le malin mais j’ai le palpitant qui résonne et les guiboles en shamalow. Je passe la sangle de mon pupitre, je tends le planeur à Alain qui fait une ultime vérification des commandes. Lors d’un vol « inaugural » avorté, l’Excel chutait en lisse et le trime cabreur à fond ne suffisait pas à maintenir l’assiette. Le planeur chutait à 20° en prenant de la vitesse. J’avais pensé à un problème de centrage, de V longitudinal, d’assise de l’aile mais rien de tout cela n’avait été probant.

C’est lors de cette dernière check list que Alain remarque un espace de 1 mm entre l’aile et son assise. Les câbles des servos d’ailerons sont pincés sur le dessus du fuselage, empêchant un calage parfait et une incidence neutre de l’aile.
Un coup de cutter et l’espace est élargi. Les câbles ne gênent plus et le vol peut commencer. Le répit a été de courte durée.
Alain lance l’Excel face au vent maintenant soutenu et la 11×6 tire la bête sous une pente de 45°. Je pousse le manche pour garder une courbe d’ascension régulière car les rafales font bondir l’Excel. A 100 m, je mets à plat et je baisse l’inter des gaz. Je suis soulagé de voir que le planeur reste stable face au gros courant d’air. Dans cette position, même les rafales n’ont aucun effet sur sa trajectoire. Vraiment, ce planeur est idéal pour le climat houleux de la région. J’entame des séries de huit perpendiculaires au vent, au dessus de l’étang, pour tester le pilotage en trois axes et son effet sur le modèle. Le contrôle de l’axe de lacet est plutôt mou. C’est le problème des empennages papillon qui ont une surface de dérive peu importante. mais le vol reste fluide malgré tout et je suis aux anges. Vous savez ce que c’est, pas vrai ?
Arrive le moment de poser pour tester la batterie après une bonne demi-douzaine de montées franches. Je sais que ce planeur allonge beaucoup et vite. Je prévois donc de faire mon approche de très loin pour assurer le ralentissement et la descente progressive du modèle. L’avantage du terrain du MACH, c’est sa taille immense et son absence d’obstacle. Bien sûr, il y a l’étang et la route mais suffisamment éloignés pour sécuriser un posé. Seul un tapis de minuscules genévriers entoure les pistes en goudron pour les avions et en herbe pour les planeurs. Autant dire que la visibilité à basse altitude est parfaite.
Je fait donc un demi cercle pour finir face au vent. Mais la piste en herbe fait tente mètres à tout casser. « Tout casser », je ferais mieux d’éviter ce genre d’expression !
Mon planeur dans l’axe est vraiment très loin et je ne suis pas certain d’arriver jusqu’à la piste. D’autant que je dois lutter contre le vent qui a maintenant viré à 45° de ma ligne de vol. Je baisse le manche des spoiler progressivement. Le planeur perd de l’altitude mais accélère aussi. Je suis concentré sur mon roulis chahuté par le souffle. Je suis dévié malgré mes ordres et j’arrive à la perpendiculaire des grandes pistes. Celle en herbe doit faire 5 mètres de large et elle est derrière celle en bitume qui en fait à peine plus. Si je réussi à poser dans la largeur des deux, j’aurai de la chance. Pour allonger assez, je dois maintenant baisser presque entièrement mes AF.
Il y a du monde qui regarde la manœuvre et j’ai pas envie de passer pour un blaireau. L’Excel est à trente centimètre des genévriers, je dose le cabré pour à la fois ralentir sans décrocher et éviter de m’accrocher à la végétation environnante, le roulis est encore accidenté et dévie ma trajectoire. Je suis maintenant très lent et je craints la chute du modèle d’un moment à l’autre. La piste en bitume arrive à dix mètres devant moi, je suis proche du contact, je tire doucement la profondeur pour ne pas toucher le sol si prés du but, je parviens à passer au dessus de la piste en goudron mais c’est super chaud et je peux frotter à tout moment ! Je serre les dents, la queue du fuselage manque d’effleurer le bitume mais l’Excel parvient in extremis à poser doucement son corps sur la demi largeur de la piste en herbe. A 2 m près je rentrais dans les genévriers,  » comme une plante ». Jamais je n’avais été autant heureux d’avoir bien posé dans des conditions aussi critiques, a fortiori au premier « vrai » vol d’un planeur aussi rapide et fin. Sans doute le gros coup de bol, ou alors le sacrifice de poulet vierge à minuit sous la pleine lune, 18 heures auparavant…
Quoi qu’il en soit, j’ai laissé penser à l’assistance que c’était habituel chez moi. Pas d’explosion de joie, pas de dé-serrage de fesses qui trahit le soulagement. Aucune parole, le temps de relâcher la mâchoire (c’est vrai aussi que c’est difficile de parler les dents serrées sans avoir l’air d’un extra-terrestre !), la démarche désabusée, genre le mec blasé par la performance de son pilotage.
Mais tout cela n’a pas suffit  à faire oublier le cri poussé au contact avec le sol : « comme une fleur !!! »
Mon petit coté romantique sans doute. Ben oui, comme disait Franck Dubosc dans Camping, « chassez le naturiste , il revient au bungalow »…on ne se refait pas.
Tout heureux de ma prouesse, j’en fait part à Alain qui vole encore. Tout en fixant son planeur, il me lance calmement : « ben voilà, c’est bien »… Là où j’attendais un compliment épaté, la larme à l’œil et les trémolos dans la voix du genre : « Purée, t’es super balaise comme mec…en plus d’être hyper sympa et physiquement avantagé,  t’es le meilleur des pilotes que j’ai jamais connu en trente ans de modélisme!!! Vraiment, qu’est-ce que je t’envie ! » J’espère qu’un jour, j’arriverai à devenir un Mika ! Je n’aurais pas été choqué bien sûr, mais c’est toujours agréable de se l’entendre dire…

Alain pose à son tour, parfaitement. Mais comme c’est pour lui une habitude, c’est moins bien, forcément.
On démonte nos Excel respectifs et on charge les voitures. On salut les copains dont les yeux humides trahissent le moment d’extase qu’ils viennent de vivre. Ils ont envie de faire une « ola » à mon passage, d’applaudir et de se bousculer pour être le premier à serrer la main de celui qu’ils prendraient désormais pour exemple.
Ils auraient bien tendu leur casquette pour une dédicace mais je respectait trop leur émerveillement pour dire un mot sur la scène.
Dernière poignée de main à Alain en entrant dans la voiture et retour à la maison sous le soleil qui se couche pour me rendre hommage…et m’éblouir tout le trajet du retour, histoire de se faire remarquer par le premier terrien à la hauteur de son influence vitale sur la planète bleue…

Arrivé à la maison, ma douce et tendre moitié exécute l’habituel rituel de mes retours de vol : « Alors, t’as crashé ??? »…pas la peine de rire, c’est sûrement pareil chez vous.

Voilà les amis, une séance de vol mémorable et pleine d’émotion.
A bientôt pour un nouveau rapport !

A plush et bons vols,

Mika.

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