Excel Compétition 3 : l’émotion est dans le pré.

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SÉANCE DE VOL DU 14/09/2013

Salut les pilotes,

Samedi matin, le temps se prêtait au planeur et l’envie de faire voler mon Excel me titillait depuis le milieu de semaine, lorsque j’ai changé mes servos d’empennage par des Hypérions plus précis et performants que les HS81 initialement installés.

Comme un bienheureux, me voilà donc parti pour le terrain avec Théo à mes côtés. Il veut profiter de l’absence de vent pour tester son hélico.

Nous arrivons les premiers, la manche à air est inanimée. Je décharge et monte le planeur pendant que Théo se lance dans les premiers décollages de son Blade. Il est plus habitué au mini Corsaire qu’à l’hélico et la taille de celui-ci ne facilite pas la tâche. Une série de pré-décollages finissent par emmener l’engin au sol dans une chute fatale qui lui fera abandonner prématurément cette séance de vol.

Comme j’attendais un gentil lanceur, j’ai saisi l’opportunité. Le peu d’air qui pointait laissait le choix de l’orientation du lancer. Je commence par mi gaz, l’avion est lâché, il prend mollement de la vitesse puis je passe en pleins gaz.

A ma grande surprise (et angoisse, je peux l’avouer), le planeur, qui auparavant grimpait sous une pente de 45 à 50°, monte mollement sur 20°. Je dois même cabrer pour monter sans trop m’éloigner. Les mauvais souvenirs du premier vol d’essais refont surface. Cette fois-ci pourtant, j’ai bien vérifié l’assise de l’aile. La seule chose qui avait changé depuis, c’était les servos et ceux-ci sont plus performants.

Arrivé à une altitude sécurisante, je trime. La queue basse freine l’allure en lisse et l’Excel semble voler « debout ». C’est un coup à décrocher en vrille et l’Excel y part facilement. Je suis obligé de trimer le piqué au maximum pour obtenir une ligne de vol sécurisante. Mais je n’aime pas ça et je soupçonne un centrage bien trop avant. J’engage donc un piqué qui vérifie mon diagnostique.

Pour ne pas prendre plus de risques, je prépare mon approche pour poser et modifier mes réglages. Je sais que l’engin allonge énormément et qu’il est difficile de lui faire perdre de la vitesse malgré les spoilers relevés et la compensation à piquer. Il faut donc que j’arrive de très loin, hors du terrain même puisque celui-ci, bien que de 6 hectares, ne suffit pas à l’allonge rapide de l’Excel. Mais voilà, si le terrain du club est parfait pour l’avion, il est en revanche parsemé d’obstacles dangereux (cyprès, peupliers, petit maset en pierre, muriers,…)  pour qui pilote un modèle fin comme un planeur. Seule solution pour perdre rapidement de l’altitude, la spirale. Mais à ce jeu, l’Excel est exigeant. Et une spirale avec des obstacles, c’est presque une provocation à la pétoche qui me fait déjà trembler les manches. Il ne faut pas que mon planeur sente que j’ai la trouille sinon il va perdre confiance en lui dans cet exercice périlleux. Je souffle à la manière d’un yogi qui revient de sa méditation, montant seul les Alpes en rosalie. La rosalie, vous connaissez ? C’est la voiture à pédale de quatre places qui fait 350 kilos  où vous êtes seul à pédaler parce que les enfants ont les jambes trop courtes. Vous imaginez donc l’hyperventilation du bonhomme et les hallucinations qui troublent sa perception, même féline. Mais je connais bien cette trouille et je contrôle le flux d’informations pour ne pas laisser paraître la moindre faiblesse devant l’assemblée. Démonstration de virilité subtile oblige.

Revenons à cette spirale.  Je commence à tourner lentement avec un maximum de dérive, je limite le soutien à la profondeur mais il faut incliner pour marquer une franche descente et le danger guette. En fixant le planeur, j’ai du mal à percevoir l’entourage. Le parking et les tables à droite, la piste en bitume et le champ de grands chardons à gauche, un gros peuplier derrière et un chemin goudronné en dessous. L’Excel siffle pour s’annoncer. Arrivé à 3 m du sol, je ne veux pas prendre plus de risque car il a perdu de sa dynamique et le décrochage peut survenir à tout moment. Je redresse l’oiseau pour le faire passer devant moi. Maintenant, il est à son aise mais ne veut plus descendre. J’ai baissé le manche des aérofreins jusqu’en butée mais rien. Il passe devant moi et entame une allonge qui l’amène bientôt au milieu du terrain. Là je commence à m’inquiéter. Il passe la manche à air, la piste hélico, il frotte les hautes herbes du fond. La limite du terrain est marquée par une clôture électrique contenant quelques chevaux. Comme je vois arriver l’Excel droit dessus, je tente une manœuvre dont je sais qu’elle a peu de chance d’aboutir. J’engage les ailerons et la dérive à gauche en cabrant légèrement. Mais il est encore rapide et je crains la butte qui le sépare du champ voisin. Je suis à 20 m de la fin du terrain, la clôture de 1m de haut semble avoir déjà touché le planeur. Dans un geste désespéré, j’accentue mon ordre à l’aileron gauche avec la dérive dans le coin. L’Excel effleure le sol avec le saumon en écrasant les hautes herbes et disparaît sous mes yeux effrayés. Je marche vers le site du crash potentiel, d’abord en me lançant quelques jurons avant d’accélérer le pas en marmonnant les prières d’usage dans l’espoir de retrouver mon planeur  en un seul morceau.

Arrivé sur les lieux du drame annoncé, je cherche autour de moi. Les herbes m’arrivent à la taille et rien ne dépasse. Je me déplace de façon désordonnée, je redoute de découvrir le résultat de cet atterrissage. J’imagine le pire et m’en veux déjà de cette prise de risque à l’issue incertaine. Je tourne sur moi-même, et alors que je me résigne, je vois dépasser le papillon rouge et noir, le fuselage à l’oblique, porté par quelques herbes pliées et en m’approchant, le reste de l’Excel, entier, le cône posé au sol. Je souffle de soulagement comme pour évacuer la pression accumulée.

Je saisi le fuselage, inspecte les ailes et teste les gouvernes avant de débrancher l’alimentation pour éteindre ma radio. Arrivé à la table de montage, je sors la lipo, vérifie plus en détail, la fixation du moteur, l’état du cône, si la platine a glissé… Encore une fois, j’ai vraiment eu du bol avec ce planeur.

Après de telles émotions, de nouveaux réglages des neutres du papillon et le recul du centrage, j’étais paré pour un vol de test histoire de conjurer le sort. Mon ami Pierre accepte le lancer. Il est  fin planeuriste et  m’a tout appris. C’est d’ailleurs lors d’une dernière inspection que son œil expert a remarqué le guignol de mon aileron gauche qui avait du jeu et se décollait. Trop dangereux pour un nouveau vol donc, on plie et on rentre au bercail bien content de tout ramener en entier.

Voilà pour cette séance de vol qui m’a donné de nouveaux cheveux blancs…

A bientôt gentil lecteur,

Mika.

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