L’Excel, le vent, le soleil, les oiseaux et la lune..


.SÉANCE DE VOL DU 06/11/2013

Salut les volants,

Ces derniers jours, le vent était plutôt léger en bord de mer, aux alentours de 15 à 20 km/h.
Depuis une semaine environ, je quitte le bureau avec un planeur sur la banquette arrière pour profiter des dernières lumières de la journée. L’hiver approche à grands pas et le temps de vol entre la sortie du boulot et la tombée de la nuit raccourcit du jour au lendemain. Et je ne vous parle pas de ces satanés moustiques tigre qui profitent de notre concentration sur le vol pour nous empaler les mains ou le visage et nous ponctionner un demi litre de rouge !
A croire que pour eux, « voler bien c’est voler plein ». Je sais, ça vous dit quelque chose…
Bref, ce jour là, j’avais rendez-vous avec Eric…qui m’a posé un bon gros lapin à cause d’une rage de dents. Tant pis, il y a là un autre copain qui ne vole pas.
Je ne veux pas repartir sans avoir pris ma dose de déstressant alors je monte le Dieu volant (je sais, j’me la raconte un peu) rouge et noir frénétiquement à l’idée du plaisir qui m’attend aux manches.
Tout est prêt, le contrôleur bippe trois fois au branchement de la 3300. Test des gouvernes ok, moteur ok, pilote… bah, on verra bien. Même si j’arrive désormais à lancer modèle seul sans encombre, je me paye le luxe et l’assurance de demander au gentil lanceur présent un coup de main. Ce qu’il accepte avec la plus grande gentillesse. Le vent vient de la route, je lui demande d’orienter son lancé en travers de 45° par sécurité. Gaz lancés, un imperceptible mouvement de poignet propulse le planeur qui se satellise à bien 60° degrés porté par le vent. Je marque alors un palier pour réduire la traction de moitié, ce qui est bien suffisant pour une ascension à 45° et économiser l’autonomie.
Arrivé à bonne altitude, je mets à plat et coupe les gaz. Maintenant commence le plané et mon plus grand plaisir.
Le vent, comme souvent, vient du soleil qui alterne avec les nuages. Comme je vole contre le vent, face au soleil, j’ai les yeux plissés et l’impression que mes joues dodues vont chatouiller mes sourcils. Et ça, malgré les lunettes polarisantes du super-héro Batmika.
Je surfe sur le vent en évoluant latéralement mais l’exercice est risqué avec l’Excel qui engage sur l’aile si j’incline trop le roulis à la combinaison aileron/dérive.
Mon camarade de vol, m’indique un groupe d’oiseau de grande envergure qui spiralent en nuage. Je rejoins les fêtards pour profiter de l’ambiance plutôt sympa. Mais les volatiles en bande sont meilleurs pilotes que le bonhomme et spiraler n’est pas mon exercice de pointe…le reste non plus vous me direz, c’est pas faux. pfff, vous alors !!! C’que vous pouvez être vexant des fois. Une chance que je vous aime bien, va.
Je « spirale » ou plutôt je tourne incliné en décrivant de trop larges cercles qui me font sortir de la bulle une fois sur deux. Malgré tout, je parviens à me maintenir à altitude constante voire à monter un peu. En tout cas c’est ce que je me fais croire et ce que je dis à mon comparse qui n’ose pas me répondre ce qu’il en pense. Sans doute pour ne pas me faire redescendre sur terre trop vite en tout cas…ça je sais le faire tout seul, vous l’avez vu dans mes autres récits moins glorieux.
Je demande régulièrement l’heure à mon copain pour connaître le temps de vol…et ne pas me faire avoiner par Mimine en rentrant trop tard à la maison.
Je n’ai remis le moteur que 4 fois à mi-gaz et j’en suis à une demi heure de vol.
Trop concentré sur mes évolutions, je ne réalise pas vraiment si c’est une performance.
Le soleil est déjà bien bas, il reflète sur l’intrados de mes ailes. C’est superbe mais cela augure d’une tombée de nuit imminente et je dois poser.
Pleinement satisfait de mon vol, je ne voudrais pas le conclure par un atterrissage foireux. Concentration donc.
Je laisse tranquillement descendre l’Excel qui trace devant un croissant de lune énorme, pour profiter de ma fin de vol. Il file vite et le vent ne change rien à sa trajectoire même de dos. Mon approche est donc rapide, le demi tour face au vent se fait presque sur place et freine l’allure au point que je dois piquer pour prévenir le décrochage. Je sors les ailerons en spoiler au manche mais le vent soutient encore trop le profil et la compensation du mixage à la profondeur ne suffit pas à accentuer la chute. Je maintient l’ordre à piqué pour ne pas allonger en dehors de la toute petite bande d’herbe que je vise. Mais il tient le bougre et il ralentit. Je dois surveiller l’incidence de mon aile pour descendre à plat sans décrocher. Je dois aussi traverser la largeur de la piste en goudron sur 6 ou 7 mètres. Je n’ai pas envie de rapper le fuselage en fibre comme cela est déjà arrivé.
La portance semble changer quand je passe du survol de l’herbe au goudron chauffé par le soleil à 24° cet après-midi. Mais c’est peut être une analyse à la Mika qui ne sert qu’à me prendre pour un fin scientifique….
L’Excel frôle la piste en balançant d’une aile sur l’autre, instable dans le courant d’air. Finalement, il touche quand même le bitume sur un trop grand mètre pour moi pour terminer sa glissade sur l’herbe salvatrice.
Soupir de soulagement et récupération du planeur pour démontage et rangement. Je n’ai consommé que 900 mah et cela me semble pas mal.
L’air humide s’est bien rafraichi et la nuit s’installe de plus en plus rapidement.
Une séance de vol courte mais qui m’a fait un bien fou. Je suis à la fois détendu et fier de ramener mon modèle entier à l’atelier. Tout heureux quoi…
Sur la route du retour, je repense à ce vol sans incident grave avec la satisfaction d’avoir réussi à maitriser mon modèle du début à la fin.

Arrivé à la base, il fait nuit. Je laisse le planeur sur la banquette arrière. Il m’accompagnera au bureau le lendemain pour un nouveau vol. Il me reste deux batteries chargées sur quatre. Ce sera bien suffisant vu le peu de temps de vol que laisse la lumière du jour en ce mois de novembre.

Voilà une séance de vol comme je les aime. Vivement la prochaine !

A plush tous,

Mika.
😉

Publicités
Image | Cet article a été publié dans Scéances de vol. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour L’Excel, le vent, le soleil, les oiseaux et la lune..

  1. Jeremie dit :

    Salut Mika !

    Elles sont prenantes tes histoires 😀
    Un pote du club a un excel competition et me commentait qu’il arrive à enrouler au dessus de notre piste quand le soleil chauffe. Le bitume t’as peut être sauvé cette fois ci 😀

    • Salut Jérémie,

      L’excel est mon planeur préféré. Il est superbement sain et d’une solidité qui n’a rien a envier à un Tangent. Dernièrement, j’ai chuté en vrille de 50m, il a fini planté de 20 cm dans la terre meuble. Résultat : une vis nylon de fixation d’aile cisaillée et rien d’autre, incroyable !!!
      Merci pour ton commentaire et surtout de t’être arrêté à lire mon blog.

      Bien à toi,

      Mika.
      😉

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s