Mika DUNDEE sort les crocos !

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SÉANCE DE VOL DU 4/02/2014

Aujourd’hui, le temps est superbe.  Les températures restent hivernales avec un petit  10°  au thermomètre (désolé pour les nordistes, au dessus de Nîmes, mais ici c’est une température presque « glaciale ») et 10 km/h de petite brise.

Bref, vous l’aurez compris, tout est petit à Montpellier sauf mes joues de castor et le nombre de mes plantés de planeurs. C’est d’ailleurs de ce dernier sujet dont je vais vous entretenir.

Tout juste remonté de son dernier crash après un fibrage par les bons soins de mon copain Alain, le Vitesse de 3 m attendait un flytest de remise en vol afin d’être réglé.
La journée est idéale et mon impatience n’a d’égale que ma trouille d’être persécuté par le démon du crash.
Rendez-vous en fin d’après-midi est donc donné à mon grand ami Pierre sur le terrain du MACH.
Le planeur attend ma sortie du bureau dans la voiture avec la même fébrilité que moi. Le sourire aux lèvres et les yeux dans le ciel, je sors du boulot droit sur le petit que j’entends déjà frémir à mon arrivée.
C’est toujours avec le sourire aux lèvres que je parcours la route de Villeneuve en direction du bord de mer. Sur place, Mathieu et Eric sont présents depuis le début d’après-midi. Les veinards !
Après la bise de bonjour et quelques vannes de retrouvailles, je me précipite pour sortir l’impatient de ma Peugeot rouge Ferrarri qui ne paye pas de mine mais impressionne toujours quand je la présente avec ces mots là.
Je fais le fier avec mes ailes d’un blanc immaculé. On dirait presque un ange…mouais. J’installe mon bazar sur une des tables  et je monte le bel oiseau.

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En attendant qu’un de mes compères termine son vol pour me lancer le fougueux, je vais rejoindre Eric avec son Magnim en EPP tout juste construit.
Pour me détendre avant le vol, je lui balance quelques commentaires affligeants mais quand même cassants…en toute amitié, bien sûr puisque c’est pour me relaxer, je vous le rappelle.
C’est un jeu habituel entre nous et c’est à celui qui surenchérira le dernier. Qu’est-ce qu’on se marre bien quand même ! Encore des supers souvenirs que j’attribue au modélisme entre copains.
Pierre appelle à ce moment là pour me prévenir de son retard. Je décide donc, de ne pas l’attendre pour voler puisque le soleil décline déjà.
C’est Mathieu qui prend le planeur à pleine main et se dirige vers le terrain d’envol. Eric, comme à l’accoutumée, prendra les photos pour le blog.

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Tests des gouvernes, essai moteur et c’est parti. Le set de propulsion prévu par le constructeur est largement surdimensionné. Le Vitesse porte bien son nom dans cette phase de vol et c’est une pente à plus de 45° qu’il prend d’emblée. Il est facile à contrôler malgré tout et je remets à l’horizontal une fois à bonne altitude avant de couper le moteur. Quelques crans de trims et me voici à faire évoluer le planeur sur tous les axes. Test du piqué pour évaluer le centrage. Un peu trop avant peut-être. Je remonte le vent, le redescend, virage à gauche, à droite, je me régale et apprécie d’autant plus de retrouver ce planeur qui vole merveilleusement bien, qu’il patientais depuis longtemps déjà dans mon atelier. J’étais bloqué par un problème de profondeur qui accrochait. C’est Pierre qui a finalement eu pitié de son pote et résolu le problème.
Décidément, merci les copains !

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Après trois ou quatre montées vigoureuses, il est temps de tester la batterie par sécurité. C’est un vol de remise en route et je ne voudrais pas repousser les limites trop loin. C’est au moment de penser qu’il allait falloir poser que la tension est montée d’un cran. Je fais une première approche mais le planeur ne chute pas et je suis bon pour une remise des gaz. La seconde prise de terrain semble être la bonne mais je fais quand même une spirale pour descendre un peu plus. Je me présente dans l’alignement, il allonge le bougre ! Je pousse la profondeur pour descendre un peu plus avant d’arrondir et de faire glisser le Vitesse sur l’herbe sans même utiliser les crocos. Ouf ! tout c’est bien passé.

Soulagé, je pars récupérer le planeur. Une petite photo souvenir sur le bord de la piste, Eric shoot le mannequin en rafale. Il est beau, il est heureux, il est fier et il est maintenant décontracté.

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Pierre est arrivé pour le deuxième vol, une fois constaté que la batterie était encore suffisamment chargée. Cette fois, c’est Eric qui lance le planeur sans soucis. Il est temps d’affiner les mixages de la phase butterfly et tout se passe comme attendu. A l’action des crocos, le planeur réagit en prenant une légère pente de descente toujours contrôlée.

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Après quelques autres tests, je suis prêt pour un premier essai. J’entame mon approche pour m’aligner face au vent.
Eric qui prend des photos à une vingtaine de mètres derrière moi, me dit de continuer sur la même trajectoire, que « je suis tout bon ».
Mais je me trouve encore bien haut et l’idée d’utiliser les crocos me vient, pensant raccourcir encore mon posé.
A 5 m de haut, je me lance donc en baissant progressivement le manche des freins. Le planeur ne réagit pas aux premiers crans mais arrivé à la moitié de la course du manche, il pique brusquement sous mes yeux effrayés pendant que j’aspire une immense bouffée d’air pour ne pas hurler mon désespoir.
Et c’est à ce moment là que dans un ultime réflexe j’ai remonté brusquement le manche qui a rentré les freins et accentué la chute de mon bel oiseau.
Sa course à 45 degré s’est accélérée et le nez a tapé le sol, entraînant l’empennage dans un bras de levier fatal. A ce moment là, vu le parterre d’herbe et de petits bosquets, je me dis que les dégâts ne doivent pas être bien graves. Je le dit même à Pierre qui m’interroge au loin.

C’est donc confiant que je marche vers le supposé blessé. Au fur et à mesure que je découvre la scène, je réalise que tout n’est pas exactement comme je le pensais.
Le servo d’aileron gauche que j’avais recollé la veille pour le sécuriser à l’époxy pendait sous l’aile. Mais comme celle-ci n’était visiblement pas cassée, je n’en ai pas fait cas outre mesure. En revanche, une fois sur le site je constate stupéfait que la queue du fuselage est tordue au niveau du bord de fuite de l’aile et là…ça craint du boudin !!!

La mort dans l’âme je ramène le pauvre malheureux sur la table pour constater plus en détail les dégâts avec les copains pendant qu’Eric, compatissant me lance : « mais qu’est-ce-que t’as foutu Mika, il allait se poser tout seul ! pourquoi t’as sorti les crocos pour faire le kakou ??? »…et il avait raison le bougre. J’ai joué et j’ai perdu.

Je suis écœuré et je m’en veux furieusement d’avoir tenté le diable en pensant que je maîtriserais cette nouvelle phase de vol pour moi.
Comme souvent ces derniers temps, c’est mon excès de confiance qui est sanctionné par un crash. Comme un rappel à l’ordre.

Pendant que je jure que c’en est fini pour moi du modélisme, les copains tentent de me rassurer en m’expliquant comment réparer « facilement » ce qui est selon eux une blessure légère. « Un peu de fibre et ça ira » qu’ils disent. Mais pour moi qui aie des mains à faire des gaufres, c’est loin d’être aussi accessible qu’ils me l’annoncent. Surtout sur une partie aussi sensible qui assure un fuselage parfaitement droit et garant d’un vol sain.

Je charge donc la voiture pour quitter cet endroit qui respire la mort, rien que ça. Sur le trajet du retour, je peste contre moi-même et le gâchis dont je suis responsable. Je suis même découragé et je remets en question mes envies de grand planeur. Après tout, je ne suis peut-être pas fait pour piloter ces beaux planeurs qui me font rêver. J’entame presque un double deuil…

Arrivé à destination, il va falloir décharger et ranger le Vitesse en attendant de trouver le courage de le réparer. Je décharge la mallette radio d’abord puis saisi délicatement les restes du planeur en repensant à la scène de crash. Perdu dans mes pensées, je tire le fuselage hors du coffre mais l’empennage s’accroche sur un appui-tête et le craquement qui s’en est suivi n’a laissé aucun doute sur le résultat.
Là ou la fibre était seulement flexible, elle était maintenant arrachée à moitié.
Ce coup ci, c’est sûr, il me faudra un coup de main pour remettre en vol mon planeur.

Alors, je termine de ranger le mal en point, j’éteins les trois lumières de l’atelier, je tire la porte et pousse un ultime soupir de déception.

Je m’interdit à ce moment de reprendre les manches, le temps de digérer cette épreuve. Pourtant je sentais le planeur, je pensais le maîtriser et finalement, j’ai subit un échec qu’il va falloir encaisser.

Je suis d’autant plus déçu que je pensais bientôt pouvoir lancer le Krasivo de 3m50 qui est déjà prêt au vol. Mais là, tout est remis en question.

Voilà pour cette séance de vol qui m’a plus marqué que je ne le pensais et m’a presque fait arrêter le modélisme. J’ai voulu revendre tous mes modèles pour ne garder que l’Excel compétition que je maîtrise avec suffisamment d’assurance. Sur les conseils de Pierre, j’ai acheté un Cularis pour m’entraîner à ces phases de vol où les volets complexifient le comportement du planeur. J’ai quand même vendu plusieurs modèles dont le kit du Big Excel qui attendait d’être monté.

A bientôt pour une prochaine séance de vol avec un modèle inattendu dans mon parc…

Mika.
😉

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9 commentaires pour Mika DUNDEE sort les crocos !

  1. Ryckey dit :

    Mdr….c’est quoi le modèle inattendu ? Un ROBBE Trainer ?
    Ne pas confondre planté de bâton et planté de planeur !! Tu n’est plus au ski Mika

  2. Xavier dit :

    Oups! Quel dommage. Je suis occupé de lorgner sur ce modèle et je tombe sur vos mésaventures sur http://www.modelisme.com et la totale ici.

    Finalement, est-ce un bon planeur ou pas?

    Courage pour la suite.

    Bàv,

    Xavier

    • Salut Xavier,

      Oui, le Vitesse est un très bon planeur et je regrette bien cet incident qui est plus dû aux réflexes du pilote qu’aux réelles défauts du modèle.
      J’ai hâte qu’il soit réparé pour reprendre la saison de vol avec un « vrai » planeur polyvalent.
      Les deux seuls défaut que je pourrais lui reprocher sont la trop petite taille de la dérive (même si elle reste bien suffisante pour une utilisation hors accro) et la fragilité de son fuselage à l’épaisseur ultra light.

      C’est ce que je retire de ma courte mais intense expérience du Vitesse… ;-)))

      Bien amicalement,

      Mika.

      • Xavier dit :

        Mmmh… ça me refroidit un peu lorsque tu parles de l’épaisseur du fuselage. C’est si fragile que ça? Ceci expliquerait son prix relativement bon marché. Par rapport à TOPMODEL, c’est mieux ou moins bien comme qualité?

        Quel modèle équivalent existe pour le même type de budget?

  3. Jean-Jacques dit :

    Coucou Mika ! J’ai toujours été contre l’utilisation des crocos ! Ce système est une invention de modéliste, dans la vrai vie des planeurs ça n’existe pas parce que ça ne marche pas… trop dangereux ! Merci de conforter encore une fois mon opinion.
    Bons vols à toi !

    • Salut pépé !

      Ben, disons que les vrais ont des af à lames mais quand tu n’en as pas, faut faire avec ce qu’on a. Tu imagines bien que ce n’est pas parce que je ne sais pas utiliser les crocos que c’est inefficace. Mais merci quand même de le penser !

      Bientôt un nouveau rapport de vol (il serait temps) sur une machine d’un genre nouveau dans mon parc planeur…surprise !

      A bientôt,

      Mika.

      • Jean-Jacques dit :

        En planeur réel (juste pour ta culture), on apprend toujours à ce poser sans AF, cela fait partie de la formation élémentaire. On se pose en glissade (ailerons à droite et dérive à gauche, ou inversement, à petite dose bien sur), descente rapide assurée… et contrôlée ! C’est d’ailleurs également utilisé en supplément des AF avec fort vent de face (mistral par exemple) sur certain planeur un peu trop « fin ».

      • Oula !!!
        Décidément,il est bien heureux pour les gens au sol que je ne pilote pas du grandeur !
        :-))))

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