Le Krasivo, enfin…

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Séance de vol du 20/09/2014

Salut la compagnie,

Hier, j’ai réalisé le rêve que je faisais depuis mes débuts dans l’aéromodélisme. En effet, il y a quatre ans, alors que mon apprentissage des réflexes de pilote se traduisait plus par des séries de crashs que par des heures de vol, je rêvais en compulsant les revues dédiées à ce hobby qui occupe nos weekends et nos aspirations.

C’est alors qu’au détour d’une double page, apparu la présentation d’un nouveau planeur sur le marché des grands voiliers. Un planeur de 3m50. bien loin des mousses de 2m que je faisais évoluer tant bien que mal. C’est vrai que ses couleurs ne faisaient pas vraiment l’unanimité mais comme pour amadouer l’acheteur potentiel, il portait le nom de Krasivo. Ce qui veut dire « beau » en Tchèque.

Quoi qu’il en soit, je tombais aveuglément amoureux de cette presque grande plume au fur et à mesure de ma lecture et je conclue que ce serait le planeur ultime que je piloterais. Comme un Graal inaccessible pour le moment, mais que je m’évertuerais à atteindre. A partir de ce moment là, le choix de mes modèles seraient autant de paliers qui me mèneraient au niveau de pilotage exigé par la maîtrise de cette bête alors indomptable pour Crashman.

Très vite la motivation devint une obsession et comme pour m’assurer de toucher un jour l’objet sacré, je passais commande pour loger douillettement le planeur vénéré dans l’atelier. Il y est d’ailleurs resté un long moment tant je n’osais engager le montage que je voulais à la hauteur de l’estime que je lui portais.

Après plusieurs mois, c’est mon ami Pierre, grand pilote de ces belles machines qui eu pitié du médiocre constructeur que je suis. Il m’a aidé à monter le Krasivo et je n’ai pu que l’assister pendant qu’il me prodiguait les cours de mécanique de vol qui me permettraient d’appréhender son pilotage. Après de multiples accidents avec les planeurs qui devaient me former, j’ai fini par désacraliser le Krasivo pour oser défier son accessibilité à mes réflexes de pilotage incertains…

Hier, avec un ciel de nuages blancs caressés d’un vent léger et l’impatience n’y tenant plus, j’ai pris mon courage à deux manches de radio, mes deux seules batteries de grosse capacité, mon Krasivo et quelques plombs pour affiner le centrage en vol. En chargeant le précieux dans ma petite voiture comme un yogi dans sa caisse de cinquante centimètres cube, je me suis dit que les vraies grandes plumes seraient plus inaccessible sans coffre de toit XXL que par mon niveau de pilotage. Comme un frein raisonnable à ma folie des grandeurs.

Me voilà donc en route pour le terrain du MACH, dépourvu d’obstacle à l’allonge certaine d’un planeur de cette taille. Et comme ce sera un premier vol de réglage, je risque de poser une première fois sans les crocos programmés pour freiner l’inertie du planeur. Ces mêmes crocos qui m’ont dernièrement fait crasher le Vitesse comme je vous l’ai confié dans un précédent rapport de vol. J’ai donné rendez-vous à Patrice pour m’assister dans ce baptême, comme pour conjurer le mauvais sort.

Arrivé sur place, alors que je pense trouver un parking plein après une semaine de mauvaise météo mais nous ne sommes que deux et Patrice devrait arriver plus tard. Je vais donc monter mon planeur en l’attendant. La chose est rapidement faite, dans un esprit mêlant impatience et anxiété. Les copains arrivent enfin les uns après les autres et Patoch dans la foulée. L’après-midi s’annonce radieux et l’ambiance conviviale. Le moment tant attendu s’approche, il va falloir se lancer et chasser de mon esprit l’évaluation trop incertaine que je pourrais avoir de mon pilotage. Le planeur est un peu lourd et Ce n’est pas Patrice qui le lancera mais un autre copain du club. Vérification des commandes, du centrage puis je pousse les deux crans d’inter des gaz. L’hélice accélère progressivement pour arriver à son régime maximum, mon lanceur fait quelques pas et libère le planeur de son étreinte.

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Il grimpe lentement sur une pente de 45°, tracté par sa 14×8 qui suffit plus que largement à le propulser en toute sécurité. Je n’ai même pas à corriger le roulis aux ailerons sur les 20 premiers mètres tant il est stable. A ce moment là, les angoisses qui me tordaient le ventre se dissipent et je regrette le temps perdu à surprotéger le Krasivo de mon pilotage. Je n’ai même pas l’impression de le piloter, il se rétablit seul, ses mouvement sont lent et mes actions sur les manches sont presque imperceptibles. Je le remet à plat et coupe les gaz. Là, on le sent vraiment dans son élément. Je fais mes premiers virages. Le pilotage trois axes avec la dérive est indispensable pour le faire tourner. Aucun soucis, je me suis bien entraîné avec le Cularis et même mes autres planeurs plus petits. Par sécurité, j’ai programmé un mixage ailerons-dérive dé-connectable sur un inter mais je décide de ne pas m’en servir pour garder l’esprit formateur de ce grand voilier. Patrice m’engage à déjà lancer le « test du piqué » pour valider le centrage qui se révèle parfait du premier coup. Quelques virages plus tard, ce sont les crocos qu’il faut tester en baissant progressivement le manche de commande. Les premiers crans semble sécurisants mais la fin de course montre un planeur qui prend une pente trop prononcée et accélère, preuve que la compensation à piqué de mon mixage est surévaluée. Sur les conseils de mon copain, je poserai donc sans ce frein.Pierre m’avait averti que l’atterrissage d’un planeur avec l’inertie du Krasivo ne pourrait se faire sans crocos alors j’émets quelques réticences à poser sans. Mais devant l’insistance de Patrice et mes souvenirs de crash du Vitesse dans cette phase « freinée », je cède à la facilité, presque rassuré.

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J’engage donc un circuit d’approche pour poser le planeur face au vent. Mais celui-ci vient de la mer et la seule piste en herbe disponible fait à peine plus d’une vingtaine de mètres. Et pour ce planeur qui allonge, poser sans crocos sur cette distance s’avère ardu voire même carrément risqué. En gros, Patoch me fout la pétoch !!!

Mais comme je ne pourrai pas rester en l’air indéfiniment ni même repousser l’échéance, je dédramatise et engage deux spirales pour perdre suffisamment d’altitude. Là, c’est un peu chaud puisqu’il faut exécuter la manœuvre entre la route et la piste visée qui est derrière une autre piste en bitume du terrain. Je prends garde de maintenir l’amplitude de mes spirales tout en conservant de la vitesse et en dosant le couple profondeur/dérive pour assurer l’inclinaison.

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Arrivé à trois mètres de haut, je rétablis l’assiette mais la distance me séparant de la fin de la piste est trop courte. J’engage donc un « S » léger qui me fait perdre encore de l’altitude., l’incidence de l’aile donnée par mon dosage du cabré ralentit encore le planeur qui est maintenant en trajectoire idéale pour glisser sur le sol en toute sécurité…ouf !!! ça y est, c’est fait…et mes tempes grisonnantes ont gagné de la place sur mes  derniers cheveux de jeunesse.

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Après ce vol de baptême qui a terminé de me redonner confiance, s’en sont suivis trois suivants dont un avec un atterrissage en oblique de la deuxième piste goudronnée pour terminer couché sur les petits genévriers après un imperceptible frôlement du pied de dérive sur le bitume, heureusement sans conséquence. Eric n’a pas manqué de filmer ce petit loupé pour mieux me chambrer sur les forums…l’enfoiré de traître qu’il est !!!

Je suis donc rentré au bercail après un rapide démontage de ce planeur devenu accessible, tout fier de ne pas avoir à avouer un crash à la douce et tendre épouse qui m’attendait, inquiète. J’ai même laissé le Krasivo dans la voiture et juste retiré les deux lipos à charger pour y retourner aujourd’hui. Voilà une séance de vol que j’ai longtemps attendu et et qui s’est déroulée de façon exemplaire. A bientôt pour un prochain rapport de vol !

Mikrasivo.

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Depuis, il y a eu d’autres vols qui m’ont permis de mieux apprivoiser le planeur…

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