Le Blaster, ou l’essence du planeur : Un cycle de vie

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Séance de vol du 17/08/2014 – flashback

Salut les p’tits loups,

J’attendais d’avoir fait le deuil de ce modèle pour vous faire part de mes trop rares séances de vol avec le Blaster 3.

Il y a déjà un moment que je regardais Mathieu lancer ses bécanes de compétition tout carbone.
comme une suite logique après m’être essayé avec la Libelle et surtout l’Elf, je me devais de consacrer les prémices concluant du lancé main.

Sur les conseils de Mathieu et après plusieurs hésitations, je défini le modèle de début idéal. Ce serait un Blaster3 « Spread Carbon » acheté chez Airtech. Et comme je ne connais que trop bien la difficulté de montage d’un planeur de ce type pour un mec qui a des mains à faire des mottes, j’ai pris la totale : planeur, servos, smartlipo, housses et montage.
Un rapide calcul du coût total a fait surchauffer ma calculette et pleurer mes petits yeux sensibles.

Il fallait anticiper un plan de financement en faisant l’inventaire des modèles dont j’avais fait le tour et qui patientaient dans l’atelier en espérant prendre l’air. Dresser une liste, faire une estimation, prendre des photos, rédiger les annonces « accrocheuses » et les diffuser sur les canaux appropriés.
Là, j’ai passé une semaine entière à faire des colis, des photos, enregistrer les propositions, négocier, recevoir les paiements, les encaisser, balader mes cartons immenses jusqu’à la poste, dans ma cacahuète de voiture,…une vraie petite entreprise.

J’ai donc réussi à boucler le budget et même plus. Du coup, j’ai pu ajouter un Elf tout neuf à ma commande et revendre le premier abîmé.
Au final, j’aurais soulagé mon parc d’une dizaine de modèles quand même : le Passer X, le Cheetah, le Cougar, la Xeno, la Libelle, l’Elf,le Vitesse, le Blizzard et le Sunriser. Ces trois derniers n’ayant jamais volé.
Mais c’est une cure de jouvence. Et faire de la place en me débarrassant de planeurs dont je finissais par ne plus me servir me permet d’upgrader un parc vieillissant pour le recentrer sur des modèles essentiels et plus performants.

Bref, l’immense carton contenant le Blaster est arrivé à la maison par transporteur. Malgré ses petits 1m50 d’envergure, le dièdre prononcé de l’aile en une partie exige un contenant de gros gabarit. Rajoutant à cela un sur-carton de protection du premier, vous obtenez un molosse indestructible, marque de qualité Airtech.
Je découvre donc après un soigneux déballage, la bête ultra light en carbone et kevlar. 270 grammes prêt à voler. Le montage est parfait et bien loin de ce que j’aurais pu faire. Merci Olivier.
Quelques photos pour faire bisquer les copains après une mise en croix sommaire puis on remballe soigneusement en attendant de pouvoir se consacrer pleinement à la programmation radio et aux réglages.

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Ce qui fût fait le samedi matin suivant pour un premier flytest soft le landemain.
Venu le jour en question, je donne rendez-vous à Mathieu sur le terrain du MACH et nous y retrouvons une bonne vingtaine de copains qui volent malgré le vent installé.
Vérification de centrage faite, nous partons pour une série de lancés « javelot » et pour la première fois, je découvre toute la finesse et la subtilité du pilotage d’un vrai F3K.
Les 270 grammes du poids plume ne se laissent aucunement impressionner par le vent qui grossit et il pénètre la masse d’air sans faillir.
Mathieu valide les premiers réglages par quelques vrais lancés façon « Discus Launch Glider » et le planeur se fond très vite avec mon pilotage devenu sensible.
Je libère enfin mon copain pour qu’il puisse voler à son tour en le remerciant chaleureusement.

Maintenant, c’est à moi de jouer et l’affaire semble moins évidente quand je suis seul avec ma radio dans une main et le peg du Blaster dans l’autre.
L’idée de jeter en l’air un planeur de ce prix force une prise de conscience qui parasite ma satisfaction première.
Je jette un coup d’œil en direction de l’assemblée comme pour espérer un soutien solidaire mais je suis trop loin pour deviner la moindre larme de compassion dans les yeux extasiés de mes potes.
Ils attendent que je les mènent à l’effarement, au spectacle divin du mouvement gracieux satellisant l’oiseau de compétition…mouais, en fait ils attendent plutôt de se fendre la poire en regardant Mika s’emmêler un Blaster dans les guiboles avant de se gaufrer lamentablement dans les genets. Mais ça je ne l’ai compris que plus tard…

Le moment plusieurs fois repoussé est maintenant venu et c’est une bonne dose d’inconscience téméraire qui m’a permis d’entamer un mouvement ample du bras pour envoyer cette dizaine de planeurs vendus réunis en un seul dans leur élément.
Comme je ne suis pas parvenu à programmer les phases de vol »lancé », gratte » et « atterrissage », tous mes vols se font en lisse et non optimisés. A la sauvage pourrait-on dire.

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Et contre toute attente, le planeur file à 45°, il est stable et se remet à l’horizontal presque seul ! Le Mika est content, il fait le fier en relâchant doucement ce qui lui sert de sangle abdominable et profite alors du plaisir de piloter. Le genoux font encore un peu le chewing-gum à la fraise mais lentement, je prends de l’assurance et fait évoluer l’engin sur tous ses axes.
Alors que je décris de larges boucles en huit devant moi et que le vent doit bien souffler à 20 km/h, je réalise que le Blaster monte dans cet espace de vol. Je suis resté à surfer face au vent sans descendre une bonne demi-douzaine de minutes avant de redescendre par prudence.
Avec cette performance, j’ai fini de tomber amoureux de ce petit dernier et je ne regrette pas mon investissement qui trouve alors toute sa justification.
A peine posé, je brandis le planeur à bout de bras en direction de l’assemblée émerveillée en signe de victoire, telle une statue de la liberté de planer…ou le contremaître des village people en pleine chorégraphie de YMCA (« waïllemcihaie » avec l’accent qui va bien). Tout ravi, je me délecte des compliments qui fusent naturellement à mon retour. Mais mon humilité naturelle en prend un coup et je décide de ne signer aucun autographe sur l’écran des radios de ceux qui seraient susceptibles d’esquisser l’envie de m’aduler.
Et ça tombe finalement bien puisque personne n’ose passer le pas.
Mathieu me félicite de ce dernier vol. Après deux ou trois répliques de pure fausse modestie, je fini par lui lancer « je suis amoureux !!! » en prenant soins de désigner le Blaster du regard. Dès fois qu’un témoin malintentionné ne veuille me faire chanter plus tard.
La journée est splendide alors rendez-vous est pris pour remettre ça le soir même, sur le terrain de l’OMAT.

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Mais le vent n’a pas faibli et  bien que confiant en la capacité du planeur à remonter le soufflant, je crains de me faire surprendre par les rafales.
De toute façon, nous sommes 4 au rendez-vous et je ne veux pas me défiler par excès de prudence. Ce serait trop « la loose » comme dirait junior.
Le soir venu, nous nous retrouvons comme prévu à 21h00 sur le terrain pour une séance de vol en lancé-main. Les prémices du « Team F3K Montpellier » ???

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Très vite, chacun sort son planeur, prêt au vol. C’est un des avantages du lancé-main. Les modèles peuvent être transportés montés dans une voiture.
Et c’est parti, chacun à un coin du terrain et les lancés s’enchaînent à une cadence infernale. Surtout pour moi qui, luttant pour maintenir l’assiette de mon planeur contre le vent soutenu, ne dompte pas la gravité avec suffisamment de panache.
A cette heure, le soleil rase l’horizon et face au vent pour lancer, je suis pile dans l’axe de son aura. Je sais bien que ma posture devient de plus en plus inconfortable mais le plaisir aux manches de l’oiseau fait passer la prudence au second plan, envouté par la découverte de cette nouvelle façon de voler.

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Pour ne pas décrocher face au vent sans trop pénétrer ni reculer, je m’applique à doser finement la profondeur. Je me stabilise ainsi en surfant sur l’air mais les vagues de rafales rendent l’exercice périlleux. Lorsque le planeur avance trop je dois faire un demi-tour pour venir me replacer dans le lit du vent. Mais c’est au prix d’un passage devant l’astre d’été qui aveugle mon contrôle. Et c’est lors d’un croisement trop profond de nos regards que je me suis incliné et que, épaulé par une belle rafale, les éléments ont eu raison de l’équilibre trop précaire de mon pilotage privé de sens comme du Blaster 3 tout neuf.


A 3 petits mètres d’altitude, le planeur est parti en décrochage sur une aile pour écraser le nez puis le saumon d’aile sur la terre trop dure de garrigues.
Je pousse un râlement de douleur sans vouloir réaliser ce qu’il venait d’arriver. Pas ça, pas à moi, pas lui, pas aujourd’hui. Je reste impuissant devant tant d’injustice. Comme si deux des dieux du planeur s’étaient unis pour mener à bien une exécution programmée.
Dépité, je ramasse le planeur tout autan à l’agonie que son pilote.

Le pod est enfoncé, le fuselage cassé et la peau de l’aile est écrasée au niveau du dièdre.
Les copains ont beau dédramatiser en disant que c’est réparable, je suis écœuré par le coup du sort qui me met face à cette investissement perdu.

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Suite à cet épisode, j’ai malgré tout tenté de réparer ce qui pouvait l’être et remis le Blaster en ordre de vol. Du moins, c’est ce que je voulais croire.
Lors d’un nouveau rendez-vous de vol au même endroit une semaine plus tard, le Blaster n’a pas vraiment apprécié mon deuxième lancé tout en finesse et volupté puisqu’il s’est tout simplement disloqué à peine lâché le peg.
L’aile étant toujours intègre, seul le fuselage fût à racheter. Mais le cœur n’y était plus et j’ai fini par revendre mon premier vrai lancé-main en l’état à Mathieu pour financer un nouveau modèle, d’occasion cette fois. Une semi-maquette de DG600 en 3m60 d’envergure pour le remorquage.
Ce grand écart est à la mesure de ma déception suite à cette brève incursion dans le monde du pure planeur.

Maintenant, j’ai fait le deuil de ce Blaster et l’Elf suffira à toucher encore le peg dans cette discipline du lancé-main.

Il n’est pas exclu que je retente l’expérience avec une envergure intermédiaire de 1m30 si je trouve une perle rare à un prix raisonnable…

A bientôt pour un prochain rapport de vol !

Miklaster.

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4 commentaires pour Le Blaster, ou l’essence du planeur : Un cycle de vie

  1. Didier dit :

    Mika ….Désolé , mais arrêtes le sport !! 😉
    Didier.

    • Salut Didier !

      …et justement, il y a bien longtemps que j’ai arrêté et je comptais sur le lancé-main pour faire doucement fondre cette sangle abominable qui dissimule le freluquet raffiné que je suis en réalité !!!
      Mais comme disais Franck DUBOSC dans Camping : « chassez le naturiste et il revient au bungalow »… 🙂

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