Le Phoenix 1600, même pas peur du Vissou !

vlcsnap-2015-04-23-19h05m38s0

Séance de vol du 12 avril 2015

Salut les glideristes,

Aujourd’hui, je vais vous raconter mon baptême au Pic du Vissou avec un petit planeur de 1m60, le Phoenix 1600. Après quelques vols de réglage en plaine, sur le terrain du MACH, j’ai eu l’occasion de répondre à l’invitation des copains pour un rendez-vous de vol au Pic du Vissou, haut lieu de pratique du vol de pente pour les modélistes et parapentistes de la région héraultaise.

Le ciel bleu et le vent de Sud préparent les conditions idéales à une après-midi de rêve pour qui affectionne le vol sans moteur dans la dynamique d’un air porteur.

Même si j’ai eu l’opportunité de faire un premier vol sur la pente accidentée de Fabrègues, privilégiée pour le combat d’ailes volantes, les réglages du petit Phoenix n’étaient pas optimisés et Rickey a pu être le témoin de quelques appontages  aussi douloureux pour le modèle que pour le pilote. Et seul le fuselage en nylon indestructible du planeur a permit de sauver son intégrité.

J’ai voulu acquérir ce planeur à bas coût pour voler en pente avec autre chose qu’une aile volante dont le pilotage ne laisse que peu de possibilités d’évolution en l’air. Je voulais un modèle contrôlable sur les trois axes pour voltiger, résistant pour encaisser les atterros sur terrains dangereux, pas cher pour rester serein dans les situations difficiles et peu encombrant si je devais crapahuter sur des chemins escarpés pour rejoindre un site de vol. J’ai trouvé l’ensemble de ces critères dans le petit Phoenix en plus d’une polyvalence révélée au fil des vols. Le matin au réveil, mon café dégusté…ou avalé plutôt, j’avoue, alors que le soleil découvre un ciel superbe qui augure d’une journée extra, je file à l’atelier pour charger le nécessaire de vol dans la voiture.

Tout est rapidement préparé, emprunt de l’impatience qui caractérise l’annonce d’une après-midi de vol idéale. J’ai chargé mes batteries la veille, rempli une bouteille d’eau, trouvé casquette, lunettes et téléphone. Tout est ok. Une vraie expédition en terrain inconnu.

Je dois passer récupérer Stef et ses planeurs chez lui après déjeuner. Il connait le chemin et c’est plus sympa de faire la route à deux. Stef, je l’ai connu au club. C’est un modéliste depuis les années 80 qui faisait du vol libre en compétition. Les récits de ses souvenirs de vols sont toujours teintés d’un air nostalgique qui trahit une sensibilité pudique. Et c’est ce que j’aime chez lui, c’est un vrai gentil. Un pote sincère et bienveillant qui, de fait, a toute ma confiance et mon amitié.

Une fois chargé son Fox, son aile volante et son Minij qui laissent peu de place à la petite mousse qui m’accompagne dans ce baptême du Vissou, nous voilà partis pour l’aventure en voiture.

C’est Stef qui m’indique le trajet et comme il aime flâner par les routes de campagne, nous sommes allés par les chemins de traverse aux passages escarpés qui n’autorisaient pas de presque approcher la limitation de vitesse. Du coup, il nous a fallut autant de temps pour rejoindre l’autoroute que pour finir le trajet.

« Regardes Mika, par là tu peux aller te balader en famille pour passer la journée en randonnée et les enfants seront contents, c’est génial »… « regardes, là aussi c’est super pour pique-niquer »,… on aurait dit un commercial de l’office du tourisme en pleine démo. Bon, je balance un peu mais je sais que ça l’amusera de le lire.

Après quelques erreurs d’orientation, nous avons quitté la route pour monter au Pic par une piste en terre laissant derrière nous un nuage de poussière qui reléguait mes rétroviseurs au rang d’option inutile. Et ce n’était rien comparé au brouillard suffoquant propulsé par le pick up qui arpentait les 20° de côte comme une spéciale de rallye devant nous.

Et comme il fait beau, il fait chaud et les vitres sont ouvertes. Autant vous dire  que les grosses quintes de toux accompagnaient  nos rires à la vue  du fond de teint rougeâtre laissé par la terre locale sur nos tronches de cake.

Une fois arrivés sur le parking, j’ai pu découvrir en contrebas notre terrain de vol et la manche à air séparant celui-ci de l’espace réservé aux parapentistes. Chacun son coté pour plus de sécurité et les planeurs seront bien gardés. Tout fut vite déballé et nous voilà en train de descendre chargés comme des randonneurs Tyroliens au Tibet, impatients d’en découdre avec le Vissou pendant que je m’émerveillais de la beauté du paysage.

Nous saluons chaque parapentiste croisé. Stef les envie mais le courage m’empêche de suivre sa témérité dans le projet de passer un brevet pour s’envoyer en l’air sans radiocommande.

Arrivés sur place, Stef me détaille le site, le carré de pilotage et le parcours d’approche pour atterrir en évitant les rabattants. Nous montons ensuite nos modèles pour nous lancer au plus vite et profiter d’une dynamique excellente. Stef est déjà en vol alors que je me bats encore avec les ailes pour les maintenir en place contre le vent et visser les fixations. J’entends mon copain se régaler de passages sifflants pendant que je galère et ça le fait bien marrer !

Enfin prêt au vol, je vois Alain qui arrive avec son Excel compétition sous le bras suivit de « Éric Tom » avec son Radian Pro. Plus on est de fou et plus on rit. L’ambiance s’annonce à la rigolade et j’en suis bien content. Salutations d’augure et quelques mots avant de saisir ma radio pour lancer la petite mousse dans le vide. Le Phoenix monte tout de suite devant le paysage qui défile au loin. les collines boisées de chênes verts, le Mont Saint Clair dominant Sète et sur la ligne d’horizon la Méditerranée bleue ciel se confondant presque avec l’azur qui contraste nos modèles.

Premières évolutions latérales, premiers tonneaux, loopings et renversements. Premiers thermiques aussi. Le petit planeur se régale autant que son pilote voit se confirmer la satisfaction d’un tel investissement. Les passages dos aussi se multiplient avec leurs renversements. J’avais été impressionné par ce mouvement sur une vidéo de vol de Mathieu avec son Voltij sur une autre pente. Je ne comprenais alors pas comment il parvenait à gérer simultanément les trois axes sur le dos avec les inversions d’ordres aux commandes que cela suppose. Après des tests en plaine j’avais saisi la logique d’enchaînement des manches et le sens des ordres. Et de le tester sur le Phoenix me permet de l’appliquer sans stress. A fortiori ici puisque l’effet de pente soulève suffisamment le modèle pour le rattraper en  cas d’erreur.

Vient le moment d’un premier posé. L’espace est limité par le volume de vol des parapentistes. Approche vent arrière, je prends de la vitesse puis demi cercle pour revenir face au vent contre lequel je dois lutter à piqué. Les choses s’annoncent bien mais je dois encore perdre de l’altitude alors que le planeur est vraiment trop haut. Je pique encore plus tout en gardant l’équilibre du roulis tant bien que mal. Je suis presque posé mais trop loin de moi. Je relâche doucement le piqueur mais le vent qui remonte par ma droite soulève Phoenix d’un gros mètre en malmenant le roulis que je rétabli de justesse avant le décrochage et finit posé à deux mètres devant moi.

J’ai quand même eu du bol que l’allonge finale ne me pousse pas en bas de la pente. J’aurais eu mal aux dents ! C’était limite mais tout c’est bien passé et je suis en confiance pour les vols qui suivront. Stef filme nos évolutions entre deux lancés. Alain qui est ici comme chez lui enchaîne les sifflements d’ailes et les figures de voltige.

Il emmène les 2m20 de son Excel aussi loin que vite, justifiant son patronyme de « compétition ». Je suis effaré par l’espace que parvient à occuper son planeur. Il est fait pour un tel terrain de vol. Bien plus que pour la plaine où il bride son potentiel. Dire que le même attend de nouveaux réglages dans mon atelier…

Pendant ce temps, Éric s’essaye aux tonneaux avec le Radian Pro mais c’est un planeur en mousse qui manque d’inertie pour son envergure. Si sa légèreté et son double dièdre sont un atout pour gratter sans vent, il en est tout autre lorsqu’il s’agit de prendre du badin pour tourner un tonneau. Il faut alors lancer une demi-boucle pour passer en vol dos et là, Éric s’y affère avec succès.

Quelques heures sont passées depuis notre arrivée et c’est Alain qui lève le camp le premier alors que l’humidité du soir commence à nous faire frissonner. Les posés se suivent et nous démontons les planeurs pour regagner le parking non sans se féliciter de ne pas avoir cassé quelque chose. L’après-midi se termine pour céder la place à la fraîcheur venue de la mer. Le retour en voiture finit de nous détendre pour révéler la fatigue d’une journée pleine de souvenirs de vol. La saison est maintenant bien installée et j’attends déjà la prochaine séance au Pic du Vissou avec le petit Phoenix 1600.

A plume tous, Mika.

vlcsnap-2015-04-23-19h07m51s0.

Publicités
Cet article a été publié dans Scéances de vol. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

6 commentaires pour Le Phoenix 1600, même pas peur du Vissou !

  1. Olivier BRUNI dit :

    Voilà un joli compte rendu qui donne envie de s’évader à la pente. Histoire très alléchante ! Merci Mika ! OB

  2. Content que ça t’ais plu. Pour les photos, j’imagine ce que le spécialiste en pense mais je n’avais que des captures de film…

  3. Thierry dit :

    Histoire intéressante, mais il faudrait vraiment aérer le texte (paragraphe, saut de ligne) parce que la, c’est très difficile à lire…

    • Bonjour Thierry,

      Il y a effectivement eu un décalage entre l’apparence à la saisie et à la publication. Ce décalage est survenu post édition. J’ai repris la mise en page initiale, en espérant qu’elle demeure pérenne.

      Merci de ta lecture,

      Mika.

  4. Mathieu34070 dit :

    merci pour ce moment partagé avec nous, et pourquoi pas faire un petit rassemblement Phoenix ??

    • Salut Mathieu,

      Voilà une riche idée !
      Les beaux jours arrivant, il n’y a plus qu’à espérer un vent de Sud pour des retrouvailles au Vissou, non ? On se tient au jus maintenant que j’ai ton mail. 😉

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s