Easy-Glider versus Phoenix 1600

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Fougue de la jeunesse ou sérénité de l’expérience…

Salut les sceptiques,

Pour changer un peu, je vais vous faire partager mon ressenti aux manches de deux planeurs que je considère polyvalents et accessibles aux débutants, voire complémentaires. Je veux parler du vénérable Easy-Glider Pro et du jeune Phoenix 1600.

Bien entendu la première des différence est l’envergure de ces deux mousses dont le premier présente 20 cm de plus que son cadet, soit 1m80.
On pourrait alors considérer que les deux modèles ne sont pas comparables mais si un choix doit se faire pour un débutant, autant qu’il ait un aperçu des spécificités en vol de chacun avant de faire le choix qui correspondra le mieux à ses attentes.

En premier lieu, l’Easy-Glider qui reste le plus connu et le plus ancien des planeurs de début en mousse. Je ne referai pas ici la critique d’un modèle qui a connu des dizaines de tests poussés par des spécialistes aguerris.
Pour présentation, je rappellerai seulement que c’est un planeur en mousse de 1m80 d’envergure, contrôlable sur ses 3 axes et à l’accessibilité aisée pour le débutant en aéromodélisme. Son efficacité demeure indiscutable pour la découverte du vol plané, de la recherche et de l’exploitation d’ascendances.

Face à lui, le petit Phoenix 1600 est une réduction à 1m60 de son grand frère, le Phoenix 2000 présentant une voilure de 2m. Les deux modèles disposent du même fuselage en ABS et aux mêmes mensurations. Seules les ailes changent en envergure mais aussi en dessin. Là ou les saumons d’ailes du grand sont en faucille, ceux du cadet sont arrondis à la manière de l’Easy-Glider pour une plus grande stabilité et résistance aux chocs.

Un des atouts du Phoenix sur l’Easy-glider, c’est justement ce fuselage en ABS virtuellement indestructible. Et c’est loin d’être négligeable lorsqu’on débute et cumule les crashs.

Enthousiasmé par sa stabilité et son potentiel de voltigeur, j’ai plusieurs fois testé cette résistance en repoussant toujours plus loin ses limites. Il m’a alors suffit d’un bout de scotch armé pour redresser une dérive de travers et redécoller.
A l’inverse, le même choc avec mon Easy-Glider écrasait le fuselage en mousse pour repartir directement à l’atelier en mettant fin à la séance de vol.
Le fuselage en ABS se révélera aussi un allié lors des posés en pente, sur les terrains de garrigue mal pavés qui prédominent par chez moi.
Mais il n’y a pas que des avantages à l’utilisation de cette matière plastique. Son poids plus important sera un handicap pour le vol thermique, à fortiori avec une envergure réduite à 1m60.
C’est donc sur le terrain du vol thermique que l’Easy-Glider domine son challenger, avec un poids inférieur au kilo et une envergure supérieure de 20 cm. Le repérage, et encore plus, l’exploitation des zones d’ascendance sont une formalité pour ce gratteur né. Non, non, j’ai pas dit « nez ».
Face à lui, si le petit Phoenix présente une stabilité comparable, sa charge alaire supérieure ne lui laissera travailler le même thermique que plus en altitude. Le temps de vol plané sera donc plus long avec le premier pour un même temps moteur.

En revanche, sur le terrain du dynamisme et de la voltige, c’est le petit dernier qui s’en sort le mieux et son surpoids devient un avantage. Plus encore, la longueur et la rigidité de son fuselage innovant. Les petites ailes font facilement tourner le long fuselage en tonneau, plus facilement axé qu’avec l’aîné. Elles ne freinent pas le mouvement autant que sur l’Easy-Glider dont la rotation sera plus lente pour l’amener trop facilement en décrochage.
Bien entendu, le test est fait sans moteur et avec pour seule dynamique la prise de vitesse après l’élan d’une chute à 45° et sa ressource.
L’exercice est délicat dans la mesure ou c’est la seule inertie de ces planeurs légers qui permet la dynamique nécessaire au passage de figures. Difficile alors de pouvoir enchaîner plusieurs acrobaties puisque très vite le modèle perd son élan en traînant du fait de l’épaisseur des ailes en mousse. Le planeur va alors souffler plus que siffler en passant près du pilote, comme pour crier sa souffrance en approchant des limites de contrainte.
Dans l’exercice de la boucle, le long fuselage rigide rend précis et facile le contrôle du tangage pour moduler progressivement l’amplitude de la figure. Dans la même configuration de vol, l’Easy-Glider se montre moins incisif et plus « flou » en fin de montée.
Le vol dos est sensiblement identique pour les deux machines en stabilité mais avec un taux de chute moindre pour l’Easy-Glider.
C’est aussi ce dernier qui marquera plus de facilité en renversement pour contrôler le lacet. Le planeur tourne presque sur lui même pour faire demi-tour. Le Phoenix sera plus à l’aise dans un renversement plus ample.

Dernière limite repoussée, la prise de badin sur le dos pour un passage bas et une remise à plat par demi-tonneau en fin de passage.
Là, je me suis fait avoir plus d’une fois avec l’Easy-Glider et si je n’avais pas eu de moteur pour finir l’enchaînement, j’aurais coiffé le planeur sur la piste en bitume. Trop lent, le dernier demi-tonneau laisse en décrochage et à 1m50 du sol, c’est pas bon du tout.
Le petit Phoenix, aidé par sa vitesse d’exécution et son inertie, remontera à l’ordre piqueur pour lui laisser la place et le temps nécessaire à sa remise sur le ventre pour repartir au moteur dans une nouvelle montée.

En bilan, je dirais que les deux modèles cultivent leurs différences comme autant de complémentarités. L’Easy-Glider restera le roi du vol thermique alors que le Phoenix 1600 s’imposera comme prince de l’acrobatie et dans le monde des mousses de début faciles d’accès. Et c’est assez rare pour être remarqué. Je parle bien de la catégorie des mousses faciles pour débutants excluant les Blizzard, Fox et autres hotliners conçus pour le vol débridé.
Si mes premières impressions sur le Phoenix se sont faites en plaine, j’ai pu réaliser qu’il dévoilera tout son potentiel en vol de pente pour lequel il se révèle dans son élément avec la possibilité d’exploiter une plus vaste panoplie d’acrobaties.

Les figures testées ici n’ont pas toujours été réussies du premier coup, loin s’en faut et il y a parfois eu un peu de casse mais le Phoenix est toujours entier sans casse ni colle (juste la charnière de dérive refaite au scotch armé)…ce qui n’est pas le cas de mon pauvre vieil Easy-Glider… agonisant dans son carton.

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Et comme un ultime affront, j’ai récupéré son moteur pour changer celui du Phoenix que je ne trouvais pas assez puissant !

Maintenant, à vous de choisir…

Mika.

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