STREAM POKER

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Séance de vol du 19/03/2016

…à tous nos frères et sœurs Belges…

Salut les copains,

Ce coup ci, je ne vais pas attendre le deuil d’un modèle pour vous raconter son premier vol catastrophique dans le but d’exorciser le mal qui ronge tout modéliste blessé par la perte de son oiseau, jadis de bon augure.

Pour autant, il s’agit bien là d’un deuil. Mais plutôt le deuil de mes aspirations dans la suite logique des vols enthousiasmants du petit Strike.

https://mikaeromodelisme.wordpress.com/2016/02/22/le-strike-il-a-tout-dun-grand/
Comme je gardais toujours à l’esprit la frustration du Blaster, je m’étais promis de prendre une revanche sur l’épisode tragique qui avait écourté ma découverte du « vrai » lancé-main.

https://mikaeromodelisme.wordpress.com/2014/11/20/seance-de-vol-17082014-flashback/

Bien que remarquablement volontaire, le Strike devait ne m’apporter qu’un avant goût dans l’aboutissement de la discipline magnifiant le DLG.

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Comme un signe peut-être mal interprété, j’ai pris l’annonce de vente d’un Stream sur F3news pour une révélation biblique que je me devais de saisir.
J’ai sauté sur l’occasion sitôt quitté mes startings blocks pour ne pas laisser filer l’affaire proposée par Yannick.

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Un coup de sans fil, discussion sympa avec le vendeur, pas de marchandage car je n’aime pas ça et l’histoire est close au moment de raccrocher.

Je n’ai pas tardé à recevoir la bête à la poste et le colis en frite blindée d’un mètre cinquante dévoilait l’envergure de l’aile en une pièce. Lové dans son armure, le poids léger ne craignait pas les assauts d’un transporteur peu consciencieux qui avait laissé quelques impacts de sa prise en charge. Confiant dans la robustesse évidente du colis qui n’avait pas fléchi, j’ai assumé de réceptionner le paquet tel quel.

Le déballage au retour dans l’atelier a confirmé la justesse de mon choix. Le Stream dévoilait sa robe luisante aux reflets des néons. Voilà la réincarnation du Blaster venu faire renaître le phoenix du F3K entre les mains de Mika. Et c’est presque tel un sceptre que j’ai fait tourner l’animal flamboyant pour le contempler, réjoui avant de recoucher le totem sur son lit de housses.

S’en est suivi un temps trop long d’hésitation dans le choix du système d’alimentation qui a prolongé d’autant le délais pré-flytest.

Enfin paré, c’est samedi soir dernier que j’ai trouvé la fenêtre qui m’autoriserait un premier vol.

Bravant le soufflant instable à 15 km/h, j’ai rejoint un terrain de fortune découvert l’après-midi même entre deux vignes. Accompagné de mon lanceur de fils pour le javelot et de ma photographe de chérie pour le shooting, j’ai préparé le Stream à sa libération.
L’athlète paré, étreint le planeur au dessus des hautes herbes, la photographe affûte son objectif et je vise l’horizon prêt à donner le signal. Go !

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Ancien modéliste, le fiston sait anticiper les réactions d’un planeur face au vent en adaptant son mouvement. C’est donc sans trop difficultés que j’apprivoise la ligne de vol malgré les turbulences.

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Bien que perturbé, le Stream finit posé délicatement sur un tapis d’herbes denses. L’opération renouvelée par prudence sans encombre, j’ai décidé les premiers lancés DLG à partir d’un champs voisin plus adapté.

Là, je suis moins tranquille et l’engin impose son autorité en pesant au bout du peg bien plus que mon souvenir du Blaster. Mais ça y est, j’y suis et je ne peux plus reculer sous l’œil de ma descendance ni l’objectif de ma moitié.

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Face au vent, bombant le torse, fier et volontaire, j’engage les premiers pas d’élan qui m’emmènent dans la rotation. Bien que concentré sur l’exercice, je ressens le poids et la rigidité du grand lancé-main qui tire sur le dos. A la libération du peg, en fin de mouvement, une déchirure me lacère en traître.
Je serre les dents quand il faut piquer le planeur pour le coucher sur le vent.

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Le vol n’est déstabilisé que par des rafales ponctuelles mais il est impossible de déterminer la moindre origine d’ajustement des réglages. Je profite donc du vol tant bien que mal jusqu’à la descente d’approche qui annonce une phase difficile où l’on pose le planeur dans la main. Je n’ai pas de phases de vol programmé ni de freins à activer. J’utiliserai le vent comme ralentisseur et mes pseudo réflexes de base ball comme parade.

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Concentration, finesse dans le manche, maîtrise de la trouille de mettre au tas, œil en alerte, réflexes aux aguets, jambes fléchies,…
…bref, je la joue averti en me persuadant que les éléments environnants n’emporteront pas le duel de ce face à face avec le Stream entre vent, soleil et instabilité des rafales.
La maîtrise de ma trajectoire ne pose pas de problème pendant toute l’approche jusqu’au dernier mètre puis c’est le caractère tempétueux du soufflant s’engouffra sous le planeur pour le virer de coté avant que je ne l’attrape au vol, non sans une montée d’adrénaline finalement salutaire.
Et tout a été filmé. Ouf, c’est pas passé loin du bêtisier !

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Après moins d’une demi-douzaine de vols du même acabit et cette même douleurs dorsale lancinante, j’ai fini par rendre les armes pour épargner ce qui me restait de mobilité.

De retour à la maison, j’ai pu réaliser que l’exercice de lancé du Stream ne saurait être durable et que ce dernier venu ne pourrait occuper mon hangar planeur plus longtemps.
Je n’ai donc pas tardé a diffuser l’annonce de sa revente. Le Stream a trouvé preneur dans l’heure et n’est déjà plus mien.

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J’en resterai donc à mon vaillant Strike qui n’a pas à rougir de ses accomplissements. Au point que pour m’assurer la pérennité de ses prestations, je lui ai assuré la relève d’un jumeau que je vous présenterai prochainement…

Voilà pour ce rapport de vol qui place à nouveau le « vrai » lancé-main dans la catégorie éphémère qu’a connu le Blaster.

Et ce sont deux Strikes, si petits soient-ils, qui seront les seuls vrais vainqueurs de cette sélection naturelle…

A bientôt pour un prochain rapport de vol qui inaugurera la reprise de cette saison tant attendue par les aéromodélistes que nous sommes.
Bien à tous et avec une affection toute particulière pour nos frères et sœurs Belges.

Mika.

 

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Le Strike, il a tout d’un grand !

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Séance de vol du 21/02/2016

…à Franck et Fabrice…

Salut les frileux !

Le voilà enfin le rapport de flytest du Strike que j’annonçais pour décembre…
Venu tout droit de chez Fredmodelisme, spécialisé dans le planeur de compétition F3X, le Strike est une version mini des lancés mains de compétition réglementairement taillés à 1m50.

Mais sa taille de 1m ne l’empêche pas d’en avoir tous leurs attributs en terme de noblesse des matériaux comme la fibre et le carbone ou de performances comme j’ai pu m’en épater.

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A mi chemin entre l’Elf et le Blaster qui sont les deux seuls « vrais » lacés-main que j’ai pu expérimenter, le Strike correspondait à ma recherche d’un petit modèle transportable pour les vacances et les vols à l’improviste, rapide à mettre en oeuvre et prenant la digne suite de l’Elf qui m’avait apporté tant de plaisir à piloter.

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Fred est un compétiteur bien connu dans la discipline et met volontiers son expérience au profit de ses clients pour le choix comme pour le réglage des machines affûtées qu’il distribue. J’ai fait sa connaissance en toute simplicité lors de mes errances sur le forum dédié au vol thermique de compétition F3news. C’est là que se retrouve la grande famille des spécialistes qui se croisent lors des championnats. Autant dire qu’il y a du beau monde et que la technique pointue côtoie une ambiance complice et solidaire.

Et comme Fred a le mérite et surtout le courage de se lancer dans une entreprise ardue, je ne pouvais que le soutenir en achetant un de ses modèle. Il faut dire qu’il a aussi eu la patience de supporter mes hésitations, mes commandes avortées puis relancées, mes harcèlements impatients et tout ce qui fait que ma petite femme est admirée par mon entourage. Bref, je suis une sacré teigne, on peut l’avouer et il m’est même arrivé de ne plus me supporter, c’est dire !

En tout cas, arrivé tout monté par le chef himself, le mini planeur a dû attendre que je me penche sur sa programmation, ses réglages et que Éole veuille bien nous lâcher les tongs pour sortir le bout de son peg.

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N’y tenant plus, j’ai d’abord tenté l’aventure samedi puisque le météo annonçait 5 à 10 km/h de vent sur le terrain. Mais comme souvent, la réalité s’est révélée plus houleuse que les prévisions avec 10-15 km/h et des rafales à gogo.

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J’ai malgré tout demandé l’assistance de Yves pour des premiers lancés javelots assurés mais un centrage trop arrière et des débattements aux effets décuplés par le soufflant ont rendus le baptême tellement rock’n’roll que j’ai préféré clore la séance avant de verser une larme sur les restes de cette petite nouveauté, somme toute bien courageuse.

Retour au bercail plutôt déçu mais soulagé de garder le mini intègre.

Le dimanche m’a offert l’opportunité d’exorciser les cascades de la veille. J’ai pu ajuster les défauts constatés en réduisant les débattements des gouvernes et en avançant le centrage pour sécuriser la prochaine mise en l’air.

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Le soleil est superbe, le vent ténu et les températures plus que printanières avec 24° en début d’après-midi.Ce coup ci, c’est la bonne et ma douce se réjouit d’exercer ses talents de photographe pour une séance de shooting qui s’annonce lumineuse.
Le Strike couché sur la plage arrière et la mallette radio dans le coffre, nous voila partis en direction du MACH.

Sur place, il y a 4 pilotes dont Jérôme et franck qui se dore au soleil sous l’anonymat de ses lunettes de surfeur. Le bonjour à tout le monde accompagné d’un petit mot amicale et rapidement je défais les housses d’aile avant de brancher l’alimentation. Brefs tests des réponses aux ordres de la radio et c’est Franck qui répond à mon invitation au flytest du poids plume. En saisissant le Strike, il est stupéfait par la qualité de construction et la légèreté du modèle. La brise de Sud qui fait tout juste frémir la manche à air nous indique le sens des premiers lancés javelot de réglage.

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Bien éloignés de la piste, sur un espace d’herbe dense, nous avons pu procéder aux planés d’ajustement. C’est à ce moment là que je découvre toute la finesse et la fluidité du vol du Strike. Pourtant monté à trois petits mètres, je peux parcourir tout le tour du champs avant qu’il ne revienne dans ma main. Mais si je souris en voyant la performance prometteuse de mon achat, les réglages demandent encore à être affinés et le poids du peg contraint la trajectoire. Peu à peu, le déplacement du gramme et demi de plomb et la réduction supplémentaire des débattements de la profondeur nous ont permis d’envisager quelques vrais lancés DLG pour satelliser l’oiseau. Là encore d’autres imperfections dévoilent des réglages à préciser.

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C’est à ce moment qu’est arrivé Fabrice, fin pilote de passion comme de métier. Son avis tombait à point et nous avons pu encore améliorer la finesse et la stabilité du planeur. Au point que, suffisamment confiant, je me suis avanturé à quelques lancés sans autre inquiétude.

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Franck et Fabrice ont fini par me regarder faire, allongés dans l’herbe à coté de mon photographe qui alternait prises de vues sur le vif et séquences filmées pour illustrer l’article que vous lisez en ce moment.

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Là, je suis aux anges et c’est le planeur qui les touchent presque du nez quand je force peu à peu la rotation pour améliorer ma prise d’altitude…même si, il faut bien l’avouer, j’ai la grâce et la précision d’un bûcheron spasmophile dans l’exécution du mouvement.

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Maintenant, il monte aussi haut que le Blaster et surfe sur le vent avec autant d’assurance. C’est épatant et je retrouve le plaisir exceptionnel que m’ont apporté l’Elf et le Blaster. le Strike bondit dans les ressauts et parcourt une distance incroyable sans perdre d’altitude. Les ordres sont minimes et progressifs pour limiter la traînée. On peut facilement observer l’effet négatif du cabré sur le taux de chute du moineau.
Ce sera une bonne école de subtilité pour mes autres planeurs.

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Je ne comptais même plus les lancés et le temps défilait devant le soleil couchant quand la petite voix de ma radio a alerté d’un seuil de charge du Strike trop bas pour finir d’épuiser mes reins quasi-agonisants. Faut dire que pour une première, l’engouement m’a fait traumatiser le presque pépé dodu que je suis au quotidien.
Mais le jeu en valait largement la chandelle et je suis ravi de cette séance de vol si longtemps attendue. Alors, je retourne à la voiture pendant que le metteur en scène passe en revue ses captures d’image devant moi. La majorité des photos est superbe et c’est bien la digne fille de mon spécialiste de beau-père.

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Je range la radio dans sa mallette, couvre les ailes par les housses, salue chaleureusement les copains qui sont là, en remerciant tout particulièrement Franck et Fabrice pour leur aide, pose délicatement ma petite merveille carbonée à sa place puis nous retournons à la Mika home pour visionner les séquences filmées qu’il faudra sélectionner au montage d’une vidéo souvenir.
En remettant le Strike à l’atelier, je croise son grand frère qui attend d’être programmé et réglé…
Le Stream sera sa suite logique pour goûter à nouveau aux performances du Blaster qui m’avait tant conquis.

Mais c’est une autre histoire et ce sera l’occasion d’un prochain rapport de vol sur le blog…

A bientôt les copains et bons vols à tous !

Mika.

 

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L’Orion pour inaugurer 2016

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Séance de vol du 03/01/2016

…à Robin et Norbert…

Salut les modélistes de tout poils…et de toutes plumes,

La nouvelle année est arrivée. 2016 s’ouvre à une saison de vol que je vous espère prometteuse, pleine de projets et de vols qui transcendent la plénitude ressentie aux manches de nos oiseaux de bon augure.

C’est bien dans cet esprit que j’ai voulu ouvrir le bal avec l’Orion dès la première fenêtre de vol apparue. C’était dimanche dernier et la grand messe annoncée aux lueurs matinales titillait déjà mon impatience alors que je dégustais une tasse de café pour aiguiser mes sens.
Ce jour là, tout me paraissait parfait. Au point d’ignorer la nébulosité au profit de quelques rares rayons divins qui perçaient courageusement le ciel voilé pour m’inviter à les rejoindre comme une bande de copains modélistes enverraient un texto d’incitation à une débauche trop tentante.

Et bien justement, je ne croyais pas si bien penser quand le sifflement d’un nouveau message résonna dans le salon. C’était Robin qui me proposait un premier vol de nouvelle année, symbolique pour tous les modélistes, s’il en est.
Bien entendu, j’ai trouvé là le signe paranormal justifiant l’annonce d’une égoïste après-midi entre copains à ma douce et tendre moitié :

-« C’est pas moi, ça vient des forces surnaturelles qui régissent la destinée cosmique de notre planète dans l’immensité infinie de la voie lactée » !

Autant vous dire qu’elle n’a pas gobé un seul instant mon explication ésotérique et sa moue en disait plus long encore que son regard désabusé.
J’ai laissé passer un moment de quiétude. Pas trop quand même, faut pas abuser (je sais, j’suis « gonflé » comme mec…mais c’est la faute de ses bons p’tits plats aussi, alors…).

Il fallait maintenant préparer le matos de vol pour être sur les starting-blocks en début d’après-midi.
Tout d’abord, choisir lequel de l’Alpina ou de l’Orion allait symboliser au mieux l’ouverture à cette nouvelle année. L’importance et l’exception de l’événement a naturellement fait apparaître mon vénéré Alpina comme le plus légitime des deux. Mais une check list éclair révéla que la grosse lipo n’aurait pas forcément le temps d’être chargée. De surcroît, le dernier atterrissage chaotique de l’Orion m’avait laissé perplexe sur les réglages et je tenais à conjurer le sort au plus tôt. https://mikaeromodelisme.wordpress.com/2015/12/23/lorion-a-la-fibre-dun-champion/
J’avais deux batteries pleines à disposition pour lui et cela terminait d’entériner le choix à faire.

Le dilemme était classé et je chargeais la voiture avant de passer à table. 13h30, c’est le départ. Sur la route je visualise les commandes à articuler pour éviter de reproduire les erreurs de mon dernier posé. Je dois rentrer les volets doucement et plus en altitude que la dernière fois mais suffisamment bas pour que la finesse de ce performeur ne l’emmène pas dans une allonge qui efface la piste pour reprendre mon approche. Tout sera affaire de compromis et seule la réalité du vol me fixera sur l’efficacité de la technique à adopter.

Arrivé sur place, le parking est vide et la manche à air presque horizontale. encore une fois, ça ne correspond pas aux prévisions ni à la météo de la maison. Espérons que l’air s’essouffle au moins le temps d’un vol.
Sur cette réflexion moins philosophique que pratique, arrive Norbert. Norbert fait partie de mes chouchous au club. Toujours bien intentionné et d’une gentillesse sincère à mon égard. Un vrai bon copain comme j’aime et je lui rends volontiers cette bienveillance.
La bise de bonne année, quelques nouvelles et nous voilà partis à monter les modèles. Lui un Edge thermique et moi l’Orion. Grâce aux connecteurs d’aile rapides, le montage est éclair. Tout est prêt en moins de cinq minutes.
Arrive enfin Robin qui espère la présence d’un remorqueur pour son ASW28. Il a aussi prit son drone pour filmer l’Orion en vol mais des soucis électroniques le garderont au sol.
Qu’à cela ne tienne, j’ai fait suivre le gros appareil photo de l’élue de mon cœur et il fera très bien l’affaire devant l’œil avisé de Robin.

Il est temps, alors que le vent est tombé et qu’arrivent Jérôme, Patrice, Bruno et Raphaël avec son hélico 3D.

Le temps des vœux, Norbert termine son vol tranquille pour ne pas risquer une mauvaise symbolique. Et oui, on est superstitieux en début d’année, à l’arrivée de la galette !

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Robin prend la camera et Norbert le planeur. Je vérifie mes gouvernes pendant que nous avançons sur la zone de tir. Je bascule l’interrupteur des gaz et l’Orion part sous 30° d’inclinaison. je sens bien que le vent n’est pas là pour porter la montée et je suis vite déçu par ce manque de rendement.
Quoi qu’il en soit, les premiers regrets s’échappent quand je pousse la profondeur pour poser l’Orion en ligne de vol stable.

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A partir de là, le planeur révèle toute sa finesse et l’onctuosité de ses évolutions ne laisse aucun doute sur la noblesse de son caractère. C’est d’ailleurs l’avis partagé de mes compères qui ont rejoint le bord de la piste. Robin, à ma droite essaye tant bien que mal de cadrer des plans vidéos mais l’oiseau file dans un sifflement qui me réjouit à chaque parade. Je multiplie les passages bas mais j’ai toujours à l’esprit l’épisode du Miniexcel, trop ralenti pour être filmé et qui a terminé planté dans les Barthes de l’Adour, cet été. https://mikaeromodelisme.wordpress.com/2015/08/02/le-miniexcel-un-acteur-sans-doublure/
Et au prix de l’Orion, le choix est vite fait entre séquence vidéo d’immortalisation et sécurité d’un vol sans décrochage. Mais Robin s’en sort vraiment bien et l’exercice lui plaît.

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Je me libère en voltigeant plus bas pour la beauté du spectacle de cet Orion majestueux qui réagit automatiquement à mes ordres. Paradoxalement, ça en devient sécurisant et je me laisse aller à quelques enchaînements, bien que limités par la faible inertie du poids plume.

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Après plusieurs prises de badin d’élan et autant de remontées, il est temps de poser pour tester la batterie par sécurité. C’est maintenant que la tension (la mienne, pour le coup) monte d’un cran au souvenir du dernier atterrissage critique. https://mikaeromodelisme.wordpress.com/2015/12/23/lorion-a-la-fibre-dun-champion/

L’approche se fait relativement haut et je préfère spiraler pour descendre sous cinq mètres. Je m’applique à concrétiser la théorie élaborée dans la voiture en venant, faisant abstraction des commentaires des copains, mêmes positifs.

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Je sors doucement les butterfly tout en maintenant mon assiette. Le planeur freine et je dois piquer pour ne pas décrocher. Mais la descente reste régulière et sécurisante.

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Arrivé à hauteur des yeux, je rentre doucement les crocos, le planeur reprend de la vitesse et parade devant moi en affichant l’allonge redoutée. Pour ne pas prendre de risques en ressortant les freins si proche du sol, je décide de renouveler toute la manœuvre d’approche en relançant les gaz pour une montée à dix mètres. Je reprends mon circuit pour arriver face à la piste et je réitère l’enchaînement des commandes qui me porte sans danger sous le mètre fatidique.

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Cette fois ci je joue sur l’incidence de l’arrondi final pour ralentir l’Orion sans qu’il ne décroche et termine de plaquer les volets en lisse à 30 centimètres du tapis d’herbe. Le planeur embrasse le sol et glisse lentement sur une paire de mètres sans même que les saumons ne touchent le sol. Ouf, je peux être soulagé. Bien que relativement content de moi, je reste discret, manière de la jouer naturellement modeste. Il s’en est quand même fallu de peu pour que je roule les mécaniques en levant des bras victorieux…

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Robin m’informe que « tout est dans la boîte » pour le blog. Il me rejoint au pied de l’Orion et nous partons vérifier l’ampérage restant en réserve. 46%, c’est conforme à mon estimation. J’anticipe en changeant la lipo pour un prochain vol avant de finalement démonter l’engin et de rester un moment pour discuter avec les copains…

Voilà pour cette séance de vol d’ouverture de la nouvelle année.

A très vite pour un nouveau rapport de vol !

Je vous souhaite 2016 en apesanteur,

Que le thermique vous scotche au bleu et que vos gouvernes avisées domptent la dynamique…

Mika.

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L’Orion a la fibre d’un champion !

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Séance de vol du 22/12/2015

…à Sylvaine…

Salut les loulous !

En cette fin de saison de vol, les séances de plané deviennent rares et l’un de mes derniers modèles arrivés au hangar n’a pas pu sortir le bout de son cône malgré une impatience rare du pilote comme de ce premier planeur de performance tout fibre.

Il y a une bonne année que j’avais orienté mes recherches d’un performeur de taille moyenne vers l’Orion mais les ventes permettant son financement n’avaient pas été à la hauteur de mes envies alors j’ai dû revenir à la raison pour reporter son acquisition.

Seulement voilà, à force de vidéos, de forums et de fiches techniques, alors que le résultat des ventes du printemps avait grossi ma réserve de « fonds loisirs », j’ai fini par craquer pour cet ancien projet en juin.

Après, que du classique, un coup de fil à Olivier chez Airtech, on blague un peu avec Sylvaine pour passer commande, histoire de tester mes dernières trouvailles en matière de jeux de mots foireux qu’elle tolère avec une patience courageuse et on attend, fébrile, la livraison.
Pas longtemps puisque 48 heures après avoir raccroché le téléphone, un livreur sonnait au portail pour décharger l’immense paquet blindé de trois épaisseurs de carton, deux épaisseurs de papier bulles et de la mousse sur toutes les arrêtes. J’ai tout de suite reconnu la patte experte de Sylvaine. Si j’osais, je dirais que cette nana là, elle emballe comme personne…mais j’ose pas …ah si, j’lai dit ? Mince quel beauf je fais ! Ça partait d’une bonne intention pourtant…

Et les grandes vacances arrivent, alors le montage devra attendre un peu et je ne prévois pas le flytest avant l’automne.

Pour ne rien arranger, j’ai changé de marque de radio pour passer de Multiplex à Graupner dont le soft est bien plus convivial et intuitif pour l’exploitation des fonctions avancées comme les phases de vol, entre autre.

C’est donc au premier weekend de décembre que j’ai fini par faire le vol d’essai de ce nouvel Orion sans problème particulier mais avec une immense satisfaction aux manches d’un planeur qui s’est révélé excellent en voltige comme en vol thermique. Le mouton à cinq pattes du planeur de performance, en quelque sorte.

En voltige, c’est sa rigidité qui marque le plus sa différence avec une réponse aux ordres quasi instantanée. Et comme il sait voler aussi vite que lentement, ses petits 1kg600 enroulent facilement le thermique de passage.

Le problème avec ce genre de planeur…c’est qu’il m’aura fallu attendre deux semaines pour que la météo me laisse libérer la frustration d’un modéliste qui scrute le ciel humide en attente d’une fenêtre de vol plus ensoleillée !

N’y tenant plus, et espérant un éclaircissement pour la fin d’après-midi, j’ai répondu présent à l’appel de Patrice qui conviait le groupe des planeuristes à une séance de remorquage. Sans faire voler le DG600, j’avais là l’occasion de retrouver les copains pour une après-midi consacrée à l’Orion.

J’ai donc chargé mes trois lipos, baissé les fauteuils de la voiture, embrassé ma petite famille et zou, direction le terrain, sourire niais aux lèvres…

Sur le trajet, j’observe le ciel gris et la tendance des faibles rayons de soleil perçants l’épaisse couche nébuleuse. Avec le peu de vent qu’il y a, peut-être une éclaircie en fin d’après-midi ?…

De toute façon, plus rien ne m’empêchera maintenant de passer une séance de vol tant attendue.
A l’approche du terrain, je vois le parking déjà plein et les planeurs montés sur l’herbe pendant que les copain s’affairent autour des modèles ou à discuter le bout de gras assis sur les chaises de jardin. Elle est pas belle la vie de modéliste ?…siiiiiii !!!

Comme j’ai fait une housse contenant la totalité du planeur démonté et que la mallette radio rassemble batteries, outils et testeur, je peux prendre tout le nécessaire de vol d’un coup. C’est bien pratique quand il faut parcourir le terrain à la recherche d’une table de montage disponible.

Je passe quand même parmi les présents pour les salutations d’usage avant de sortir l’Orion pour le préparer au vol. Robin, qui m’avait prévenu de sa venue m’emboîtait le pas.

Fred, qui est aussi dans le coin, me propose de lancer le planeur au décollage. Ce que j’accepte bien volontiers par sécurité.

Et nous voilà partis pour le décollage comme les trois mousquetaires du modélisme : Robin avec l’appareil photo, fred avec le planeur et moi qui teste une dernière fois les gouvernes après avoir jeté un oeil sur la manche à air et indiqué l’orientation du lancé.

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Je m’assure que Fred est ok, je bascule l’inter des gaz et la lipo en 40c profite à une ascension sous plus de 45° vraiment rapide. L’Orion est tellement fluide que son pilotage devient très vite une évidence et c’est sans angoisse aucune que je pose le tout fibre à plat sous un plafond gris qui atténue les contrastes presque dangereusement. Et là, après deux ou trois évolutions sur les trois axes, je ne peux m’empêcher de céder aux sirène de la voltige en plongeant pour quelques figures à la ressource. Loopings, tonneaux, renversements, vols dos,…que du classique. Pour le moment, les enchaînements sont timides et je préfère attendre plus de recul sur son pilotage avant de m’essayer à des choses trop risquées.

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Le test du centrage à 97 mm s’est révélé parfait et c’est plus la compensation à piquer de la profondeur à la sortie des butterfly qui pose problème. Il faudra que je compense manuellement à l’atterrissage.

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Passé une grosse demi douzaine de montées pour une dizaine de minutes de vol, j’ai prévenu Robin de mon approche. Le manche des crocos baissé lentement, je fini par voir l’Orion remonter, passé la moitié de la course. C’est là que je devais piquer pour ne pas chuter en décrochage. Une fois remis à plat, je dose doucement le piqueur alors que je termine d’ouvrir mes butterfly. La pente de descente devient régulière et parfaitement contrôlable, la course d’approche est sécurisée et le planeur arrive à 30 cm du sol.

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Mais c’est là que les choses se compliquent car je dois rentrer les volets avant qu’ils ne touchent le sol au risque de casser un servo tout en arrondissant en annulant la compensation à piquer. La combinaison des dosages à effectuer était trop pointue et risquée et le planeur m’a surpris en remontant d’un coup, le saumon droit à effleuré l’herbe et le planeur est retombé à plat, le cône au milieu des bruyères. Pas de choc, le tapis vert a amorti la cascade et seules quelques poussières sont remontées sur l’aile.

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Avec Robin, nous avançons d’un pas angoissé vers le cascadeur pour confirmer les apparences. Nous constatons rassurés que la peur avait largement dépassé le mal et après un ultime test des fonctions, nous ramenons l’Orion sur la table pour nous remettre de nos émotions.

Pour faire retomber la pression, je passe voir les copains histoire de parler de tout et n’importe quoi avant de revenir démonter l’Orion et le ranger dans la voiture, paré à partir, maintenant que l’humidité tombe et que la fraîcheur du soir nous saisi.

Je lance un dernier au revoir général à l’assemblée et quitte le terrain en repensant à ce mixage de la profondeur qui avait faillit me coûter cher pour cette deuxième séance de vol avec l’Orion.

Voilà pour cette séance de vol pleine d’émotion avant le réveillon de Noël.

Prochain rapport de vol à venir, le flytest du Strike² de Fred Modélisme. Un petit lancé-main tout carbone de 1 mètre d’envergure. Mais ça, je le garde pour commencer la nouvelle année…

Bonnes fêtes à tous et bons vols avec vos cadeaux de Noël !!! 😉

Mika.

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Le DG600 au pays des irréductibles gaulois…

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Séance de vol du 20/08/2015

…aux copains du club…

Salut les bon vivants,

Ça fait presque un mois déjà que je vous ai servi mon dernier rapport de vol.

Il serait donc temps que je me bouge un peu pour vous raconter une séance mémorable.

Et justement ça tombe bien puisque j’ai eu l’occasion de faire la deuxième sortie de mon DG600 de Tangent.

Si j’avais eu des photos, je vous aurais d’abord détaillé la première sortie de l’Alpina à la pente de Millau avec Jean-Marc et Sébastien mais pris dans l’extase du vol, j’ai oublié… alors je reste avec les images de ces moments exceptionnels dans ma tête rêveuse.

Bref, pour en revenir à ma dernière séance de vol en remorquage, je vais plutôt vous rapporter l’ambiance toute particulière qui règne autour d’une bande de copains passionnés par les planeurs rc.

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La veille au soir, j’ai reçu un texto diffusé par Patrix sur la « liste planeur » qui invitait les destinataires à une séance de remorquage le lendemain en fin de journée et jusqu’à la tombée de la nuit. Précisant que plusieurs resteraient pique-niquer, histoire de terminer l’après-midi par un moment de convivialité dans la même veine que la séance de vol.

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A peine refermé le clapet de mon smartphone, j’ai averti ma tendre moitié que je filais à l’atelier pour donner un ultime coup de charge aux batteries du DG600 et à la radio, par sécurité.

En installant le DG pour sa charge, je lui parle comme à un copain qui va sortir en boîte avec moi pour retrouver une bande de potes. Peut être en espérant une réponse motivée qui refléterait ma propre impatience.
Mais il cause pas beaucoup le DG. Heureusement, je suis bavard pour deux et je fais le dialogue tout seul…

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En tout cas, une fois les lipos gavées, j’ai pris de l’avance en chargeant tout de suite la voiture.

Le jour J, en quittant le bureau, je file au terrain.

Les chariotes sont déjà nombreuses sur le parking et la manche à air semble indiquer l’habituel vent de Sud qui ne favorise pas les thermiques. Aucun problème, je viens d’abord pour voler entre copains.

Patrix, le druide, m’avait annoncé une surprise et je ne suis pas déçu en découvrant que les pistes en bitume ont été doublées de pistes en herbe encore plus larges. C’est de bon augure pour les posés qui débordent un peu, voire beaucoup trop mais surtout révélateur de la place faite aux planeurs dans le club.

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Tout le monde est là. Les planeurs montés sur l’herbe et le remorqueur de Fabienix le poisonnier, sur le bitume, prêt à démarrer.

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Il y a Alainix le maréchal ferrant qui décharge son antique DG100, Jackyx et Mimix sous le parasol, assis à table pour commenter la scène avec Régix. Assis sur des chaises de jardin ce sacré lascar de Vincentix et notre discret Brunix discutent le bout de gras avec Jean-Paulix, l’élu du club, qui ne fait pas de politique sur le terrain mais garde son mystère derrière des lunettes blindées du GIGN. Il dissimule un regard sans concession sur les écarts de conduite. Mais comme c’est un gentil bourru, on l’aime bien.

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Petit tour de salut rapide agrémenté de mes traditionnels « salut mon poulet », salut mon canard », « ça va mon lapin ? »,…toute la basse cour passe en revue mais c’est amical alors personne ne m’en tient rigueur. Aux étrangers de passage, on dit : « t’inquiètes pas, ça c’est Mika, faut le connaître »…. ils pourraient autant dire : « Rhââââ, v’la le barde qui débarque avec sa mandoline » !!!

Barde

Après les politesses, vient le temps de la manutention pour réserver un espace d’herbe où monter mon DG600. Comme à chaque fois, j’ai beau faire de « belles » housses pour réunir et protéger les ailes, c’est un bordel sans nom quand j’en prends trop dans les bras par flemme de faire un deuxième voyage.

Mais tout est finalement déchargé et je peux entamer le déballage à coté de l’Alpina de Patrix.

Même à 10 bons mètres de moi, j’entends les copains se marrer. Alors forcément, je relève la tête pour participer mais comme il sont en train de me vanner, je fini par rire avec eux…de moi-même.

Passé une dizaine de minutes tout est paré pour le premier vol.

Les pilotes amènent leur planeur au bord de la piste pour organiser un ordre de passage pendant que Fabienix avance le Bidule remorqueur.

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C’est l’Alpina de Patrix qui commence et très vite la rotation se rode pour enchaîner les remorquages.

Il y a pile une semaine que le DG600 a connu son flytest et tout c’est très bien passé. Pour optimiser malgré tout la finesse du vol, j’ai légèrement reculé le centrage. On va voir ce que ça donne.

Entre les commentaires sur les vols en cour et les pré-analyses des décollages à venir, les discussions battent leur plein. On se chambre un peu pour mettre la pression à ceux qui sont déjà en l’air, on essaye de porter la poisse à ceux qui se mettent en place pour partir. Juste pour agrémenter le spectacle. En résumé, on se détend en crispant les autres mais comme on le fait tous, personne ne s’en formalise. Et c’est justement ce qui fait de cette ambiance une raison suffisante pour laisser un moment nos vies quotidiennes et retrouver les copains autour de nos modèles.

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Arrive mon tour. Je porte le planeur de 3m60 en fauchant la tête de Robinix au passage. Fallait pas être plus grand que moi…
Bien sur je rigole, j’adore Robinix. C’est un fin pilote du haut de sa récente majorité et ses conseils de pilotage sont toujours affûtés. Robinix, c’est le genre de surdoué qui sait tout faire avec une radio. On en a tous au moins un comme ça dans les clubs qui nous fait baver par la facilité avec laquelle il enchaîne une voltige débridée, les mains dans le dos et un doigt dans le nez…c’est dire s’ils sont balaises !!!

C’est pour tout ça que je lui ai finalement rendu son scalp.

Je tends mon appareil photo à Régix pour shooter le DG en vue d’illustrer ce rapport de vol.

Je Pose le DG en bout de piste derrière le Bidule. Robinix, pas rancunier pour un copek, m’emboîte le pas pour un coup de main. Il m’amène le câble que j’accroche au planeur. En place derrière la dérive, je teste les gouvernes et Robinix soutient le saumon d’aile qui frotte le sol pour l’épargner au démarrage.
Je rends à Fabienix son petit signe du pouce pour l’informer que je suis prêt et c’est parti. En 10 mètres à peine, le planeur quitte le sol pour suivre son tracteur en virage à bonne allure.

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Passé 200 mètres, j’informe mon chauffeur que je libère le cordon qui nous relie : « je largue ! » – « ok ! »
Et c’est parti, je stabilise l’assiette du DG et le Bidule plonge dans le vide pour rejoindre le prochain planeur à remorquer.
C’est là qu’il faut crier « piste !!! » pour avertir que l’on va poser. Et les pilotes au sol de répondre « piste claire ! » pour avertir du bon dégagement de l’espace d’atterrissage.

En vol, j’apprécie d’avoir reculé le centrage. Le planeur vole moins vite et devient plus exploitable pour chercher les ascendances.

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L’atterrissage ne pose pas particulièrement de problème si ce n’est que mon approche est élargie pour m’éloigner du parking et revenir vers la piste avec plus de mal que prévu. Tout le monde était crispé, presque terrorisé, à l’idée que je ne puisse revenir. Pire même, que je m’affale en perte de vitesse dans la partie asséchée de l’étang !
Mais le planeur est très fin et la gestion de la compensation des crocos me permet de déposer le planeur sur l’herbe à l’entrée de la piste en asphalte. Tout le monde souffle et la tension retombe. Je suis même félicité pour la manœuvre alors que je me confonds en excuse pour cette dangereuse estimation des distances de vol qui m’a presque fait survoler le parking.

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Heureusement tout s’est bien terminé mais je visualise mon parcours pour en rectifier les repères.

Pour le dernier vol, personne ne se porte volontaire derrière le remorqueur. Je saisit l’occasion pour installer mon planeur en bonne place, me disant que je veux voler au maximum pour les débuts de ce DG600.
Je fixe l’attache qui relie le remorqueur au planeur puis me prépare au décollage.

Un signe à Fabienix et c’est le départ. Le parcours de prise d’altitude décris un « S » et je dois impérativement suivre les inclinaisons de mon tracteur. Mais le soleil a bien baissé et la voilure reflète au loin. a tel point que je ne vois plus, l’espace d’un instant, les mouvements de roulis anarchiques qui amènent le planeur à rompre le cordon.
Fabienix râle gentiment et je rétabli l’oiseau pour éviter le décrochage.
Le remorqueur pose en premier pour constater une dangereuse baisse des batteries d’alimentation de l’avion et même de la radio !

la séance est donc terminée. Je pose le DG doucement et rejoins les copains qui démontent leurs modèles.

Certains partent dès le matériel chargé et d’autres, irréductibles, sortent leurs glacières pour terminer avec un dîner de groupe entre gaulois.

pique-nique

Cette fois-ci, contrairement à mes projets initiaux, je ne serai pas de la partie et rejoindrai ma chérie autour d’une autre table de gaulois bon vivants, en famille.

Repas

Mais que ce soit en famille ou au club, chaque convive trouve sa place. Si ce n’est pas le nom que nous avons en commun, c’est la passion…

Et voilà pour ce rapport de vol que je voulais un hommage aux copains du MACH34…

A bientôt avec un nouveau planeur dont je vous ferai la présentation. Un autre performeur qui m’a demandé de sacrifier une machine de valeur pour le financer.
Avec l’Elf, le Miniexcel, le DG600 et l’Alpina il composera mon parc de modèles « ultimes », restreint aux meilleurs que j’ai piloté.

A plume tous,

Mikobélix.

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Le Miniexcel : un acteur sans doublure

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Séance de vol du 26/07/2015

A Olivier et Daniel…

Salut les acteurs sans moteur,

Aujourd’hui, changement de paysage pour cette séance de vol.

Lors de mes débuts en aéromodélisme et de ses pérégrinations sur le net, j’avais découvert le blog Passions – Aéro de Olivier, consacré aux planeurs radiocommandés qui me font vibrer.

J’y avais alors trouvé une mine d’informations et d’actualités illustrées de superbes photos qui rendaient encore plus vivante notre passion.

C’est d’ailleurs suite à la lecture d’un article sur « l’Elipsoïd Évolution de Roger » que j’avais passé le pas de ce qui était pour moi LA grande envergure.

Vous retrouverez d’ailleurs des rapports de vol avec l’Elipsoïd dans les archives de mes débuts « fracassants ».

C’est en posant quelques questions à l’auteur de cet article que j’ai peu à peu sympathisé avec Olivier. Nous nous sommes retrouvés autour d’une même passion pour le planeur et le goût de l’écriture.

A force d’échanges mails et téléphoniques, nous avons développé et entretenu une relation d’amitié sincère sans jamais nous être rencontrés «en vrai». Plusieurs fois, nous nous sommes presque croisés mais jamais notre emploi du temps ne nous aura permis de concrétiser un rendez vous.

Alors quand madame Mika m’a proposé de passer les vacances au pays basque, à deux pas des Landes qu’affectionne tant Olivier, je me suis dit que c’était l’occasion ou jamais. L’occasion de percer le mystère de cet homme dont je ne connaissais pas vraiment le visage puisqu’il apparaissait toujours sur les photos avec des lunettes noires de VIP.

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Bien sur, je me disais : «tiens, sûrement un acteur incontournable du planeur rc…» pour expliquer cet anonymat consciencieusement entretenu. Encore plus quand il parlait de lui dans son blog sous le pseudo «Passions – Aéro». Là, je m’inclinais devant la fusion d’un auteur qui fait corps avec son blog. Comme un bon acteur imprégné de son rôle.

Nous sommes donc arrivés en famille à Saint jean de Luz le samedi et dès le dimanche, rendez-vous était pris pour une rencontre dans les Barthes de l’Adour. Moi, armé du Miniexcel et Olivier de son matériel de prise de vue professionnel. Le réalisateur et ses acteurs.

Olivier m’a alors indiqué qu’un dernier lascar serait de la partie. Un certain «Daniel». Voilà encore un élément inconnu qui rendait le mystère de cette rencontre encore plus…..mystérieux.

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Tôt le matin, me voici parti sur la route de l’inconnu, avec pour seul moyen de défense le Miniexcel et une glacière pour le pique-nique dès fois qu’il faudrait amadouer le metteur en scène avec quelques tranches de jambon.

Sans GPS, à l’ancienne, j’ai dû trouver le patelin sauvage, perdu au milieu des champs, des vaches, des dos d’ânes et des cigognes blanches. Heureusement qu’un minimum de deux barres de réseaux m’ont permis de joindre Olivier pour un radioguidage jusqu’à son «home» :

«Allo, Olivier ? C’est Mika, là je suis dans le village. Je suis passé devant une Pharmacie, un boucher,une station essence abandonnée»…..c’est à cet instant que j’ai commencé à prendre conscience du danger potentiel de l’endroit. Si même les locaux désertent le coin, c’est que ça sent pas bon pour un héraultais comme moi.

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En regardant dans le rétroviseur je surveillais que personne ne me suivait trop longtemps dans une grosse berline noire aux vitres teintées. Je me préparais aux possibilités de scénari comme un joueur d’échec en finale de compétition.

« bon, t’es allé trop loin, fait demi tour »

…..une menace ??? l’inconnu se dévoilait avant même de m’avoir rencontré. Il n’attendait même pas de m’avoir en face de lui. Sans doute avait-il des hommes de main. Son plan devait donc être au point depuis un moment déjà et je m’étais stupidement jeté dans la gueule du loup. Il fallait maintenant réagir. Je devais au moins sortir d’affaire le Miniexcel qui reposait innocemment sur la plage arrière ! Mais impossible de sortir de la voiture sans risque d’une attaque latérale…trop dangereux…

J’ai finalement décidé de suivre ses instructions le temps de trouver une porte de sortie assurée.

«au rond point, tu tournes à gauche ». ha, ha, ha ! Première erreur de sa part….comme si j’allais prendre un rond point en tournant à droite ! Décidément, il me prend vraiment pour un débutant et c’est là mon atout.

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« Tu prends la première à droite, puis la deuxième à gauche et tu avances jusqu’à trouver une impasse »…une impasse ??? impasse = embuscade = ça craint pour mes tibias !

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D’autant que je viens de dépasser un colosse en jogging qui marche d’un air faussement non chaland. Ce qui aurait dû m’interpeller, c’est qu’il sortait d’une Saab. Tout le monde sait qu’un gars qui roule en Saab est à part, entre nostalgie et schizophrénie… Le balaise esquisse même un sourire sadique derrière son bouc velu quand je fais une marche arrière pour revenir à la hauteur de l’impasse.

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Au fond, celui que je pense être Olivier me fait de grands signes du bras comme pour me rassurer.

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Fort du V8 grondant de ma Peugeot rouge Lucifer, je m’engage malgré tout dans le piège pour en découdre, prêt à envoyer un coup de portière sur l’assaillant potentiel qui déplace autant d’air que mon bolide.

Arrivé à hauteur d’Olivier, il ne semble pas avoir de maquillage et encore moins de perruque. Même pas de lunettes noires ! Je me serais donc inventé ce scénario du caïd sans pitié ?

Caïd

Je surveille quand même mes arrières dans le rétroviseur pendant qu’Olivier m’indique une place de parking.

Alors que je sors de la supercar pour rejoindre mon hôte, je cherche son regard sans artifices et découvre des yeux bleus comme l’océan de Koh-Lanta…ou de sa voiture toute neuve garée le long du garage.

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Je suis maintenant rassuré sur les intentions amicales d’Olivier visiblement ravi de ma visite.

Il me présente aussi Daniel, modéliste du pays basque, qui arrive avec le même sourire bienveillant.

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Le stress retombe et cède la place à une franche camaraderie qui concrétise des années de relation à distance.

Olivier me montre son Shadow, son DG300, son Alpina, son Pike et d’autres machines pointues.

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Nous entrons prendre un café avant de partir pour les barthes de l’Adour, terrain de vol qu’affectionne mon ami et ses cigognes blanches. Olivier nous présente ses chats et Sandrine qui partage sa vie.

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Bien entendu, je n’ai pas pu m’empêcher de sortir une de mes fameuse blague foireuse qui tombe toujours à plat et casse l’ambiance : «Sandrine, c’est le nom du chat ?»…moi, ça m’a fait marrer jusqu’à ce que je réalise le silence qui s’en suivi. Comme j’ai pas envie de me faire foutre dehors avant le café, je m’écrase avec un sourire idiot qui ne me rend malheureusement pas méconnaissable.

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Café avalé, Olivier indique que le vent va se lever et qu’il faut se dépêcher. La voiture est vite chargée des planeurs, radio, caméra, appareil photo, trépieds et autres objectifs d’un demi mètre.

Daniel nous suivra en Saab pour la teinte originale du défilé.

Sur le trajet, mon ami fait l’article de ce pays qu’il aime tant. Les barthes de l’Adour, sa flore, sa faune et tout particulièrement les cigognes blanches qui lui balisent les ascendances en vol.

Pour le vol du Miniexcel, Olivier choisi un terrain de son copain Eric, agriculteur.

Arrivé la voiture de Daniel, j’ai commencé à monter le modèle. Olivier décharge et prépare le matériel vidéo. Dany prendra le pique-nique et les trépieds.

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Après quelques commentaires sur les spécificités du Miniexcel, nous voilà partis sur un sentier à l’herbe grasse et encore humide de la rosée matinale. L’air porte la présence des vaches à nos narines, nous rappelant que c’est bien à la campagne que nous sommes.

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Olivier filme mon arrivée avec le Miniexcel sous le bras et la mallette à la main. La mise en scène est parfaite et je m’autorise même quelques improvisations pour rendre la séquence plus naturelle. Et comme je ne suis pas vraiment un acteur confirmé, on voit tout de suite que je surjoue.

Pas grave, on est d’abord là pour rigoler, non ?

Peu à peu le chemin dévoile notre destination. L’endroit est vaste et bordé de grands arbres. Pas de problème pour mon petit planeur qui aura largement la place d’atterrir en toute sécurité.

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Je branche la batterie après avoir allumé la radio. Tout est prêt. Olivier et Daniel se tiennent à 30 mètres de moi, camera au poing.

« C’est tout bon, quand tu veux ! »

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Je lance l’inter des gaz, le planeur à bout de bras et c’est parti pour une montée à 70° qui dure quelques petites secondes. Premières évolutions dans un ciel magnifique. Le planeur est sensible sur l’axe de lacet. Sans doute à cause du manque de différentiel et d’un centrage limite arrière cumulés.

Je commence très vite avec un peu de voltige et quelques passages bas. Mais le planeur va trop vite pour Olivier et il ne parvient pas à suivre la cadence.

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Il me demande de réduire ma vitesse et de plutôt faire du vol thermique avec les cigognes.

Mais si le Miniexcel est monté léger pour pouvoir taquiner la bulle, il n’en reste pas moins typé hotliner et demande de la vitesse pour voler sainement, sans décrochage.

J’ai quand même tenté d’allier voltige et vol lent mais c’est un paradoxe qui peut coûter cher.

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En repoussant les limites de tolérance, j’espérais mettre en scène le planeur à la hauteur des espérances du réalisateur qui me livrerait des images inédites de cette séance de vol.

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Encouragé par Olivier qui est satisfait de ce nouveau rythme lent, j’ai piqué mon planeur sur le dos pour un tonneau à basse altitude. La figure faite, le Miniexcel manquait d’inertie pour que sa vitesse soit conservée. Ralenti en sortie de figure, il a décroché devant la barrière d’arbre et chuté de 3 mètres sur le nez. Mon juron n’a pas couvert le bruit du pauvre oiseau à l’impact.

Le réalisateur était déçu que l’on ne puisse faire suivre la séance par une série de photos plus expressive. Docteur House auscultais déjà le blessé pendant que je me morfondais à l’idée de ma cascade inconséquente. Pour digérer sereinement la pilule, j’essayais de me convaincre que la prise de risque est aussi mère de progrès. C’est d’ailleurs ce que confirmait le Doc Daniel, pilote émérite de son état.

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La production n’était pas vraiment de cet avis en défendant l’idée qu’un vol thermique sécurisant avec les cigognes aurait évité de perdre une après-midi de tournage.

Maintenant, l’acteur principal gisait sur le sol et l’équipe ne pourrait pas attendre sa remise sur pied.

Doc énumérait les soins à prodiguer et le flot d’informations techniques qu’il détaillait me confrontait à ma propre incompétence en bricolage. Plus il faisait preuve de pédagogie et plus je condamnais le malheureux au rebut de l’atelier.

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Le Pierre Richard en puissance qui essayait d’entrevoir une porte de sortie honorable lança l’idée d’un pique-nique. Et ça tombait bien puisqu’on avait justement emmené le nécessaire campagnard.

Mais même l’appel du ventre ne déconcentrait pas Schwarzy penché sur le sauvetage du condamné.

Faut dire qu’on avait pas la même répartition des volumes ni hiérarchie des priorités.

Il concentrait le relief aux biceps quand moi j’organisais la 3D plutôt au niveau du bide. Que voulez-vous, chacun sa beauté intérieure, non ?

Nous sommes finalement passés à la phase tranche de jambon pour dépasser ce deuil solidaire.

Olivier nous montrait les cigogneaux qui spiralaient en nuage dans les thermiques et Dany nous interpellait au passage furtif des chevreuils. On aurait dû faire un reportage animalier à la Jean-Jacques Anneau plutôt qu’une séquence à la Rémi Julienne, ça aurait moins déçu l’assemblée et moi le premier.

On grignotait debout et on se balançait la bouteille d’eau pour boire entre deux récits de séances de vol catastrophiques dont nous avions été témoins sur les terrains. On aurait dit les trois mousquetaires du modélisme. Complices et heureux de ce moment de détente, nous sommes passés par une séance de shooting sous l’objectif avisé d’Olivier.

Daniel, qui avait d’autres engagements, marquait la fin du troisième acte.

Retour aux voitures, au revoir chaleureux et séparation des amis.

Au revoir

Olivier me montre les barthes de l’Adour plus en détail sur le chemin du retour en me précisant la hauteur de montée des eaux en période d’inondations annuelles…deux mètres cinquante au dessus de nos têtes !

Je me suis d’abord dit que c’était un homme poisson. Et en regardant ses yeux bleus, je l’ai même presque pris pour la petite sirène. Mais ses poils aux guibolles m’ont très vite ramenés sur terre.

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On s’est arrêté boire un verre chez Eric, le propriétaire des champs où vole Olivier. C’est un de ses bon copain qui partage la passion des cigognes blanches Landaises.

Le périple s’est terminé par un pot chez Olivier avant de rentrer au camping retrouver madame Mika qui ne s’attendait pas à me voir arriver avec un planeur de vacance à l’agonie dans son carton.

Alors j’ai plutôt rapporté les cigogneaux qui volent, les chevreuils qui gambadent, les vaches parfumées et les bottes de paille que le détail de cet accident de travail d’un acteur sans doublure.

Depuis, nous échangeons par mail avec Daniel et Olivier pour des discussions en trio…

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Voilà pour cette séance de vol nature et des premiers pas «marquants» dans le monde du cinéma, entre Tarzan et l’homme qui tombe à pic.

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A bientôt pour une prochaine histoire de planeur rc.

Hasta la vista baby,

Mika.

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Du Krasivo à l’Alpina 4001

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Séance de vol du 5 juillet 2015
…à mon ami Éric…
Salut les bêtes à plumes,
Aujourd’hui, je vais vous raconter le premier vol du planeur mythique qui marque pour moi l’accession au palier que je considérais comme inaccessible à mes débuts en aéromodélisme. Je veux plus précisément citer l’Alpina 4001, symbole du « passage au 4 mètres ». L’Alpina, j’en entends parler depuis toujours comme d’un Dieu régnant sur le monde du planeur au même titre qu’Éole sur les pentes. L’Alpina comme bête à tout faire, tant pour le vol thermique que dans la voltige. On m’a toujours dit : « l’Alpina, quand tu en as un, tu le gardes toute la vie ». Des paroles qui m’impressionnaient par leur assurance et contribuaient à sacraliser ce performeur traversant les décennies. Après un consciencieux apprentissage du Krasivo qui était lui-même un « planeur ultime », j’ai perçu des limites qui ne correspondaient plus à mes attentes nouvelles d’un planeur à l’aise dans l’acrobatie. Bien que volontaire, le krasivo souffrait des mouvements moins coulés que le confortable vol thermique. J’ai bien tenté les boucles et tonneaux basiques mais la souplesse des ailes, si elle facilitait une réelle restitution de l’énergie, inquiétait par sa flexibilité. Pire même, lors d’une prise de badin pour effectuer un passage bas devant les yeux, la demi aile gauche a flutté dans un bruits terrible qui m’a laissé en apnée quelques secondes. Il n’y avait pourtant aucun jeu responsable dans la gouverne d’aileron. Partant de ce constat et de ma récente attirance pour le vol « dynamique », j’ai commencé à convoiter le modèle qui répondrait le mieux à mes aspirations. L’Alpina n’est pas tout de suite apparu comme une évidence accessible en sortant du Krasivo puisque, pour moi, la différence de niveau pour accéder à son pilotage était trop importante. Influencé sans doute par ce coté religieux du divin planeur. Le 4 m, c’était mon Graal et l’Alpina 4001 en faisait un Graal sacré. A force de recherches, d’études des modèles du marché et d’éliminations, j’ai fini, sans m’en rendre vraiment compte, par revenir à chaque fois au choix de l’Alpina. Mais le budget pour acquérir et encore plus équiper un seigneur n’était pas accessible et comme pour le Blaster, je me suis plongé dans l’atelier à la recherche de ce que je pourrais vendre. Ou plutôt « sacrifier » au nom de la sélection naturelle. Là encore, tout ou presque était inventorié. Des planeurs, des ailes volantes, un avion, des servos, des moteurs, des contrôleurs. Tous les fonds de tiroir y sont passés et même plus, motivé par cette foi naissante pour la religion du vénérable « 4 mètres ». Je me suis même séparé du Krasivo en le vendant à mon ami Éric qui s’entraîne depuis longtemps pour un jour piloter une grande plume.
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Je suis bien content de lui offrir cette opportunité en bradant mon ex grande plume. Éric est un vrai homme de cœur. Mais il ne dévoile pas facilement une sensibilité qui tranche avec sa gouaille de Sétois, ancien chef de port marchand qui négociat « énergiquement » avec les dockers. Mais un planeur que je garderai toute ma vie méritait le meilleur pour durer et exceller. Conscient de mes « facilités » en montage perfectionniste, j’ai préféré faire appel à un spécialiste qui saurait rendre immortel le fils du vent. Par le bouche à oreille, j’ai fait la connaissance de Jean-marc qui montait des planeurs de performance pour de nombreux modélistes, même professionnels. Le top du top des monteurs, à la réputation justifiée par les retours glanés sur les terrains. J’ai donc rencontré Jean-Marc et convenu d’un deal pour intégrer l’Alpina dans la liste de ses montages programmés, entre un paritech de 6 m et un Swift « balistique » qui file à 300 km/h. Quelques semaines de patience plus tard, le montage a pu commencer.
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Je ne détaillerai pas ici les phases de la construction dans cet atelier d’un blanc immaculé où rien n’est laissé au hasard. Tout est rangé et nettoyé après usage. On pourrait même y opérer sans risque d’infection nosocomiale… Deux semaines plus tard, Jean-Marc me prévient que « il » est prêt au vol. Gloups, ça y est, il existe pour de vrai et il n’attend que moi. Jean-Marc, qui avait lu mon blog, en avait retiré qu’il serait plus prudent de faire faire le flytest par un pilote expert. La chose fut faite le dimanche suivant par Ivan. Il y eu ensuite une période de latence durant laquelle j’ai été contraint de changer de radio. L’Alpina s’impatientait dans l’atelier et je ne pouvais que rêver de mon premier vol en le laissant monté sur la balance d’équilibrage. Des conditions météo défavorables m’ont encore laissé un sursis jusqu’à dimanche dernier où j’ai convié quelques copains du club à cette grande première pour moi. Le bouche à oreille fonctionnant à merveille dans la communauté, plusieurs copains sont arrivés en soutien. Patrice était le premier sur place avec Vincent. Certains même, comme Norbert, sont venus plus tôt que prévu juste pour ça.
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Éric était un des premier convié avec le Krasivo. Comme pour symboliser la mue d’un pilote.
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C’est son chariot qui servira pour sécuriser un premier décollage autonome. Voilà encore une première pour moi : le décollage d’un planeur au chariot.
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Devant la pression des copains, je prends la décision de me lancer enfin. Éric installe lui-même l’Alpina sur le tricycle alors que je suis en méditation devant l’écran de ma radio.
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C’est maintenant ou jamais. Tout le monde attend en jaugeant chacun de mes gestes entre deux commentaires que je ne peux même plus percevoir, plongé dans mon conditionnement psychologique. Le chariot orienté face au vent, Éric m’indique que tout est paré. Je bascule l’inter des gaz en regardant devant le planeur sans connaître la puissance qu’il délivrera. L’hélice vrombit et le chariot démarre. Une fois passés les 10 mètres de prise de vitesse, je donne un coup de cabré et l’Alpina se libère de son train sous un pente de 60° que je dois tout de suite contenir pour ne pas retomber en décrochage. Là, je retrouve les sensations du premier envol du Krasivo. https://www.youtube.com/watch?v=dx2H-nP5mBw
La progression vers le ciel se fait presque naturellement et je me détends lentement. Arrivé à bonne hauteur, je coupe le moteur et glisse dans quelques évolutions qui me permettent d’estimer les premiers réglages à affiner. Premier constat flagrant qui rend l’axe de lacet instable : le différentiel quasi-inexistant. Le planeur bat de la dérive comme un poisson dans l’eau. Le lacet inverse typique des grands planeurs est même délicat à contrer à la dérive.
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Malgré ce vrai handicap qui rend le vol plutôt désagréable, je continue de profiter de ce premier grand planeur aux qualités de vol réelles.
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Le mythe de l’Alpina 4001 au bout de mes manches radio. Le Krasivo m’aura parfaitement préparé à l’appréhension de ce baptême. Le contrôle des trois axes n’est en rien différent. Tout sera maintenant affaire de réglages plus fins pour révéler le potentiel et l’onctuosité d’un planeur qui s’annonce prometteur.
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Je prends le temps d’apprécier l’instant mais je ne peux m’empêcher d’imaginer ses capacités en voltige quand j’entends siffler les ailes à son passage. D’ailleurs, c’est un sifflement rauque qui fait presque montre d’autorité. Comme si ce seigneur des airs voulait rappeler ce qui a fait sa renommée depuis le siècle dernier. Pour le faire voler, je devais respecter sa prestance avec humilité. C’était un contrat : si je savais lui donner les honneurs qui sont dus à son rang, alors il daignerait libérer son potentiel. Un deal de satisfaction mutuel que j’acceptais sans hésitation. Voilà ce qui me lie désormais à ce merveilleux planeur tant convoité.
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Les formalités administratives étant entérinées, il allait maintenant falloir penser à poser pour tester l’autonomie de la batterie. Depuis quelques minutes, Éric et le Krasivo m’ont rejoins. Le premier à ma gauche, au bord de la piste et le
second en escorte de l’Alpina.
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J’engage mon approche de loin par prudence. Une fois dans l’axe de la piste en herbe, je baisse progressivement le manche des crocos avec l’angoisse de l’épisode catastrophique du Vitesse crashé. Mais l’Alpina est parfaitement réglé dans cette phase de vol et il descend lentement sur une trajectoire parfaitement maîtrisable. Le touché à terre se fait en douceur et les saumons d’ailes ne touchent pas le sol, même à l’arrêt.
Les copains applaudissent, solidaires de mon soulagement. C’est un peu comme une tradition sur les terrains quand un pilote réussi une manœuvre difficile.
Éric engage à son tour un posé mais le pauvre fait une mauvaise estimation de profondeur de champ visuel et sa plume touche le sol dans les hautes herbes qui longent la piste. Pas de casse et les deux pilotes sont heureux.
 Ravis de ce vol en duo, nous portons nos planeurs au démontage pour quitter le terrain, pleins de souvenirs dans la tête.
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Il est midi passé et les copains désertent le coin pour aller déjeuner alors que le soleil méditerranéen plombe à son zénith. Pendant que nous démontons nos plumes de concert, nous échangeons sur nos impressions satisfaites avec Éric. Et à chaque fois, il en ressort que nous n’attendrons qu’une chose : le prochain vol.
Depuis ce dimanche, j’ai volé presque tous les jours avec l’Alpina. J’ai même eu l’audace de passer avec succès quelques figures de voltige et toujours, la grande restitution d’énergie qu’offre le planeur me permet d’explorer un nouvel horizon de progression. L’Alpina est devenu mon nouveau planeur fétiche. Celui avec lequel je vole le plus souvent en alternant vol thermique et vol acrobatique. Son aisance est à la hauteur de sa réputation et ses 4 m d’ailes, s’ils sont impressionnants au sol, se font totalement oublier dans les airs…
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Mardi soir, j’ai eu le bonheur de voler au soleil couchant sur le terrain du club.
Sur la vidéo de ce vol, vous pourrez voir qu’une lumière divine perce les nuages pour poser un regard bienveillant et complice sur celui qui est devenu pour moi, l’emblème de la passion sereine.
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A bientôt pour un nouveau rapport de vol !
A plume,
Mika.
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